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 La malédiction des Vladislas [bit-lit]

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Tytia



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MessageSujet: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyVen 4 Juin - 15:56

Voilà le premier roman d'une longue série (quatre tomes minimum) intitulée Princes de la nuit.


**********************************
De nos jours, Roumanie.

Une soirée était organisée dans l'une des plus belles demeures de la Roumanie pour fêter le dix-septième anniversaire du cadet de la famille Vladislas : Stefan.
Comme la tradition familiale le voulait depuis des générations, il portait ce jour-là un costume noir sur une chemise rouge qui le palissait encore plus. Il avait déjà par nature le teint très blanc comme ses frères, comme son père et comme tous les autres hommes de sa famille. Certains occidentaux en le croisant dans les rues avaient pensés qu'il s'agissait d'un albinos, tandis que d'autres, à l'esprit un peu plus tordu, voyait en lui la représentation idéal du vampire. La vérité était tout autre et les Roumains savaient de quoi ils en retournaient. La majorité d'entre eux craignait cette famille et évitait de se trouver sur le même trottoir qu'eux la nuit. Même le jour, ils les fuyaient, saisi par une peur irrationnelle.
La fête battait son plein. Les invités, tous issus de la même famille, s'amusaient. Seul Stefan restait dans son coin, l'air pensif. Il savait que ce jour-là marquait un point décisif dans sa vie mais contrairement à ses frères, en tant que plus jeunes membres de la fratrie, il avait le choix de devenir un monstre comme eux ou de rester humain.
Quand Dorin, l'aîné vint le trouver, il était en train de peser le pour et le contre des deux situations.
-Il est temps d'aller se balader un peu. Lui annonça-t-il.
Stefan comprit les sous-entendu de son frère. Cela n'avait rien à voir avec une simple promenade de plaisance sous le ciel étoilé de cette nuit d'été. La réponse fut longue à venir tant il hésitait sur le choix de vie qu'il devait adopter.
Il se leva puis se plaça face à son frère et tout en le toisant, il lui répondit :
-Je ne quitterai pas cette maison de la nuit.
Dorin le dévisagea comme si une créature étrange était venu se placer sous ses yeux. Aucun de ses frères n'avaient jamais osé lui répondre de la sorte le jour de leur dix-septième anniversaire. Sans un mot, ils l'avaient suivis dans les rues où ils avaient laissé leur transformation s'opérer.
-Pour qui tu te prend petit merdeux ?
Dorin avait dix ans de plus que lui et il s'était toujours considéré comme le chef de sa fratrie. Il attrapa alors son cadet par le bras et le tira vers la sortie.
Stefan savait d'ores et déjà que s'il quittait la demeure en compagnie de ses frères, il ne pourrait pas résister longtemps et deviendrait très vite des monstres comme eux. Certes être une créature des ténèbres n'avaient pas que des inconvénients. Au contraire, avoir une vie plus longue, posséder une force et une vitesse qu'aucun mortel ne pourrait jamais posséder plaisait beaucoup à Stefan. Toutefois pour atteindre cette condition, il devait se nourrir de sang et cette idée le rebutait.
-Lâche-moi ! Ordonna-t-il à son frère tout en se débattant pour récupérer son bras.
-Non.
-Je ne te suivrai pas.
-C'est ce qu'on verra.
-Je te rappelle que j'ai le choix d'endosser votre condition ou de la refuser. Je suis le dernier né et les choses ont toujours été ainsi.
-Tant que tu seras mon frère, je ne te laisserai aucun choix...dernier né ou pas.
Stefan savait pertinemment qu'il n'avait aucune chance contre son aîné. Alors il décida de le suivre dans les rues. Il pourrait à cet instant leur montrait qu'il était différent d'eux, que la malédiction ne l'atteignait pas.
-D'accord, je te suis. Finit-il par abdiquer. Une fois dehors, tu finiras par réaliser que j'ai le choix.
Dorin lui adressa un sourire rempli de sous-entendu. Son frère aurait tout donné pour pouvoir être dans sa tête et savoir ce qu'il pensait car il n'appréciait pas du tout le genre de sourire qu'il venait de lui adresser. Toutefois, il ne rajouta rien et se contenta de le suivre jusqu'à l'extérieur où ses deux autres frères, Bogdan et Cornel les attendaient.
Le second semblait très excité à l'idée que leur cadet endosse leur nature : mi-humain, mi-vampire. Il avait cinq ans de plus que Stefan mais il était le plus proche de lui. Une réelle complicité les avait toujours lié et ils se confiaient souvent l'un à l'autre mais ce jour-là, le plus jeune des quatres n'avaient aucune envie de lui parler de ses états d'âme et de ce qu'il ressentait au plus profond de lui.
Quant à Bogdan, qui avait seulement un an de plus que lui, il n'appréciait guère l'idée que son cadet devienne un des leurs. Une forte rivalité opposait les deux derniers si bien qu'il ne s'était jamais entendu. Toutefois, Bogdan ne se serait jamais permis de s'élever contre Dorin qui était bien plus fort que lui.

Les rues étaient très animés ce vendredi soir. Plusieurs soirées étaient organisés dans les bars qui parsemaient la rue principale de la capitale Roumaine. Les frères Vladislas marchaient dans cette rue à la recherche de leur proie qu'ils entraîneraient par la suite dans une ruelle plus sombre et peu fréquentée.
Dorin marchait en tête du groupe qu'ils avaient formés tandis que Stefan, les mains dans les poches suivaient sans frère sans rien dire. Cornel tenta d'engager la conversation à maintes reprises avec lui mais ce fut chaque fois un monologue. Son plus jeune frère ne montrait aucun intérêt à ce qu'ils entreprenaient. D'ailleurs cela agaça très vite Bogdan qui lui en fit la remarque.
-Si tu n'as pas envie de sortir avec nous, tu n'as qu'à rentrer.
-Vraiment ? Je peux ?
Il s'apprêtait à tourner les talons pour regagner le doux cocon constitué par la demeure familiale, lorsque Dorin vint se placer devant lui.
-Je ne crois pas t'avoir donné l'ordre de rentrer !
-Bogdan m'a proposé de retourner à la maison. Alors c'est ce que je fais. Sourit le plus jeune.
-Depuis quand Bogdan donne les ordres ici ?
L'intéressé ne savait plus où se mettre. Par sa faute, leur cadet avait failli retourner chez lui.
Une jeune fille à peine sortie de l'adolescence vint mettre un terme à leur conversation. Elle avait, semblait-il, bu plus que de raisons.
-Tu sais que tu es très mignon. Déclara-t-elle à Stefan qui ne savait pas trop comment réagir.
Ses frères mais surtout l'aîné attendaient avec impatience sa réaction.
Stefan n'avait jamais été très à l'aise avec la gente féminine. De toute façon, très peu de personnes l'abordaient à cause de ses origines qui effrayaient toute la Roumanie.
-Mon frère est un timide. Intervint Dorin avec un large sourire.
-Allez Stefan, ne fais pas le timide. Lui dit Cornel en lui donnant une tape dans le dos.
-Merci. Fut le seul mot qui sortit de la bouche du cadet alors que ses joues prenaient feu.
La jeune fille lui adressa un large sourire. Puis elle s'avança pour s'arrêter à un pas de lui et se mit à jouer avec sa chemise. Elle cherchait à le séduire ce qui n'étonna guère les trois aînés. Elle n'avait eu aucune réaction de crainte et pour cause, son accent dénotait qu'elle n'était pas Roumaine. Une étudiante étrangère, songea Dorin. Quoi de mieux ?
-Tu pourrais peut-être me raccompagner chez moi ? Proposa-t-elle à Stefan.
-Si tu ne le fais pas, je m'en charge. Intervint Bogdan.
Stefan comprit les sous-entendu de son frère qu'il mitrailla aussitôt du regard. Elle n'avait aucune chance de s'en sortir vivante s'il la laissait entre ses mains. Alors il décida d'accepter son invitation. Avant de les laisser partir, Dorin glissa quelques mots à l'oreille de la jeune fille. Elle le regarda étonnée et effrayée par ce qu'il venait de lui dire avant de se reprendre.
Elle prit ensuite Stefan par la main qu'elle entraîna vers un hôtel peu luxueux dans les bas-fond de la capitale. A peine eut-elle refermée la porte de sa chambre qu'elle se rendit dans la salle de bain tandis que Stefan s'asseyait sur le lit.
La soirée aurait pu être pire, songea-t-il alors qu'il l'attendait. Ses frères auraient pu le pousser à se transformer mais à la place ils l'avaient laissé partir avec cette fille qu'il ne connaissait même pas. D'ailleurs, il se demandait pourquoi ils avaient agi ainsi. Il en comprit très vite la raison lorsqu'il sentit cette odeur qui lui parfumait délicatement les narines et lui donnait faim. Il se tourna dans la direction de la salle de bain que la jeune étudiante venait de quitter.
Du sang coulait sur la moquette usée. Il restait pétrifié sur le lit à regarder ce flot chaud s'échapper du poignet tailladé de la jeune fille. S'il bougeait, il ne savait pas dans quelle direction, il se rendrait. Réussirait-il à aller jusqu'à la porte pour s'enfuir loin de cette horrible attirance ou se jetterait-il sur elle pour se délecter de ce liquide si tentant ?
La faim le tenaillait de plus en plus alors qu'elle s'approchait de lui. Lorsqu'elle fut juste devant lui, elle plaça son bras presque sous son nez. C'était tellement tentant. Il avait juste un mouvement à effectuer un mouvement pour faire taire son estomac qui lui criait famine à présent.
-Ton frère m'a dit que tu aimais ça !
Si elle n'avait pas parlé, il se serait sûrement jeté sur elle. Elle ne le saurait sûrement jamais mais cette phrase lui sauva la vie. Dans un élan de lucidité, il la repoussa violemment avant de se précipiter vers la porte.

Lorsqu'il rentra chez lui, ses frères n'étaient pas encore revenus. Il se rendit dans la chambre de sa mère qui dormait déjà. Il la secoua avec douceur afin de la réveiller. Elle ouvrit les yeux avec difficulté mais lorsqu'elle découvrit le visage grave et apeuré de son fils, elle s'assit.
-Que se passe-t-il Stefan ? Lui demanda-t-elle inquiète.
-Je ne veux pas devenir un des leurs. Je dois partir maman.
-Je savais qu'un jour tu prendrais une telle décision. Ton oncle est prêt à t'héberger aux Etats-Unis. Prends le premier avion qui se présente pour ce pays et va le retrouver. Il te protégera.
Elle se leva et se rendit jusqu'à sa commode de laquelle elle sortit une enveloppe.
-Prends ça. Ca pourra t'être utile.
Stefan prit l'enveloppe qui contenait suffisamment d'argent pour prendre l'avion mais aussi un passeport. Sa mère l'avait caché durant de longues années pour le jour où son dernier prendrait la décision de s'enfuir. Les Vladislas ne quittait jamais leur pays mais cette fratrie était différente des autres. Aucune autre n'aurait forcé leur cadet à devenir comme eux s'il en avait décidé autrement.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptySam 5 Juin - 22:23

Stefan attendit avec impatience le taxi que sa mère avait appelé quelques minutes plus tôt. Son anxiété croissait au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. Si ses frères venaient à rentrer, il ne pourrait jamais quitter le pays. Ils le forceraient alors à boire ce nectar qu'il refusait de goûter. Non, il ne voulait pas de ça. De toute son âme, il refusait de ressembler à ses frères.
-Il va arriver. Tenta de l'apaiser sa mère en lui parlant du taxi.
-Mais s'il n'arrive pas. Si mes frères rentrent avant. Ils remarqueront tout de suite que je ne suis pas encore l'un des leurs.
-Je te protégerai d'eux, Stefan.
-Comment ? Ils sont bien plus forts que toi. Et pour eux, tu n'es qu'une génitrice.
-Je sais ce que je représente à leurs yeux mais je me battrais corps et âmes pour protéger mon petit garçon de ces monstres.
Stefan resta interloqué un instant face au propos que venait de tenir sa mère.
-Tu veux... Tu veux dire que tu donnerais ta vie pour moi ?
Elle vint poser ses mains sur les épaules de son fils et en le regardant droit dans les yeux, elle lui demanda :
-Quel genre de mère serais-je si je n'étais pas prête à mourir pour mon enfant ?
-Mais ce sont aussi tes fils !
-Plus depuis qu'ils se sont transformés.
Elle baissa les yeux afin que son dernier ne remarque pas la peine qu'elle ressentait en pensant à ses trois aînés. Même si elle vivait toujours dans la même demeure qu'elle, ils étaient morts pour elle depuis leur dix-septième anniversaire.
Lorsque Dorin s'était transformé, elle avait rapidement compris qu'il ne serait plus jamais l'enfant qu'elle avait élevé. Il avait été seul au moment de sa transformation. Personne pour le guider. Personne pour lui montrer ce qu'il devait faire. Leur père qui aurait dû le guider était mort six mois avant ses dix-sept ans. Un terrible accident de voiture leur avait-on dit. Mais Dorin et ses frères connaissaient la vérité. Leur père avait été tué par le seul homme qui possédait le pouvoir de les éliminer mais qui ne les affrontaient qu'en cas extrême.
Dorin avait juste après sa transformation ressenti cette faim dévorante qu'aucun aliment n'avait pu rassasier. Il était alors entré dans une colère noire et avait fracassé tout ce qui lui était tombé à porter de main, réveillant ses jeunes frères. D'ailleurs Stefan se souvenait encore de ce jour-là. Ce jour où il avait vu, terrifié, planqué derrière la balustrade des escaliers, son frère s'abreuver du sang de leur mère jusqu'à ce qu'elle s'écroulât sur le sol.

Au moment où le taxi klaxonna pour annoncer son arrivée, Stefan se sentit soulagé. Il attrapa son sac à dos qu'il plaça sur son épaule avant de serrer brièvement sa mère dans ses bras. Le temps lui était compté, il le savait, et ne pouvait donc pas en perdre dans des adieux trop longs.
Une fois dans le taxi, la pression redescendit enfin mais l'anxiété ne le quitterait vraiment qu'à l'instant où il serait à l'abri dans un avion l'emmenant loin de son pays.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptySam 5 Juin - 22:24

Stefan posa enfin le pied sur le sol américain. Voilà près d'une semaine qu'il avait quitté en pleine nuit le domicile familial. Son périple l'avait mené à travers plusieurs capitales européennes avant de pouvoir trouver un avion pour les Etats-Unis.
Le premier vol, le seul qui offrait une place disponible cette nuit-là, l'avait mené jusqu'en Italie où il avait passé la journée à visiter Rome avant de s'envoler pour la capitale Hollandaise. Il avait tenu à rester le moins longtemps possible à la même place de crainte que ses frères ne le retrouvassent.
Après la Hollande, il avait visité Paris puis Londres et enfin l'Allemagne où il avait trouvé une place de libre dans un avion qu'il l'avait transporté jusqu'à New-York. Ce n'était pas son étape final puisqu'il devait à présent se rendre dans l'Illinois. Mais le seul fait qu'il soit sur ce continent le soulageait.
Il dénicha un hôtel de luxe qui offrait une très belle vue sur Central Park. La richesse de sa famille et la sienne par conséquence lui permettait de se rendre dans les endroits les plus confortables du monde. Pourtant très peu de Vladislas en avait profité jusqu'alors, excepté peut-être certains derniers-nés qui avaient préférés fuir la Roumanie pour ne plus être considéré comme les monstres qu'ils n'avaient jamais été et ne seraient jamais.
Il déposa son sac au pied du lit avant de s'y étendre. Son voyage avait été épuisant et quelques heures de repos loin de ses persécuteurs ne pourraient lui être que bénéfiques. D'ailleurs, il ne tarda pas à s'endormir. Lorsqu'il se réveilla la nuit était déjà tombée. Il se leva puis se dirigea vers la fenêtre par laquelle il jeta un coup d'oeil. Une ambiance festive régnait en contre-bas. Il décida alors de rejoindre cette foule pour se mêler à eux afin de profiter de cette toute première nuit loin de ses frères.
Il apprit rapidement que la fête célébrait un événement lié à la fondation de la ville mais il n'en retint pas le nom. Les gens lui semblèrent tous plus sympathiques les uns que les autres. D'ailleurs très vite, on lui proposa une bière puis une autre. Tout le monde l'abordait sans cette crainte que ressentait les Roumains en le voyant. Les filles lui tournaient autour, cherchant à le séduire. Il était plutôt beau garçon dans son genre, malgré son teint très pâle. Ses yeux bleus attiraient les personnes du sexe opposé comme le sucre attire les abeilles. Sa timidité l'empêchait toutefois d'être totalement à l'aise mais il se sentait heureux et enfin libre d'être lui même, c'est à dire un garçon de dix-sept ans aussi normal que tous ceux de son âge.
Une jeune fille, un peu plus âgée que lui, l'invita à danser au cours de la soirée. Il accepta volontiers et se retrouva très vite sur la piste improvisée par les organisateurs. Un orchestre jouait des morceaux qu'il n'avait jamais entendu de sa vie mais qu'il apprécia. Cela changeait des chansons traditionnelles qui passaient en boucle sur la platine-disque familiale.
Après quelques danses rapides durant lesquelles il chercha à imiter sa partenaire, le tempo ralentit pour ne devenir plus qu'un slow. Stefan se sentit gêné lorsqu'elle s'approcha de lui pour placer ses bras autour de son cou.
-Qu'est-ce que vous faîtes ? Lui demanda-t-il alors que ses joues prenaient une teinte rouge flamboyante.
-Ne me dis pas que tu n'as jamais dansé sur ce genre de musique.
Elle se moquait de lui mais il pouvait lire à travers son regard que ce n'était pas vraiment méchant.
-Non. Avoua-t-il alors.
Elle lui expliqua alors qu'il devait placer ses mains autour de ses hanches et se balançait d'un pied sur l'autre au rythme de la musique. Il lui obéit et très vite il se laissa transporter par ce bien-être qui vint l'envelopper. Son corps entier réagissait à cette étreinte.
Après la première chanson, la jeune fille dont il ne connaissait toujours pas le prénom, posa sa tête sur son épaule. Elle était si proche de lui qu'il pouvait sentir son doux parfum. Un parfum qu'elle avait sûrement dû acheter dans l'une des plus grandes boutiques de Manhattan.
A son tour, il nicha sa tête dans le cou de la jeune fille mais cette fois, ce ne fut plus la même odeur qui lui embauma agréablement le nez. Une toute autre venait prendre sa relève. Une senteur qui cette fois était bien plus envoutante et qui l'attirait dangereusement, réveillant une faim extrême en lui. Le sang, songea-t-il.
Il releva légèrement la tête, resta quelques secondes fixer sur le cou de la jeune fille comme hypnotisée par cette veine jugulaire à laquelle il aurait pu assouvir sa faim si violente avant de s'excuser auprès d'elle.
-Je dois partir. Dit-il précipitamment.
Et sans même attendre sa réponse, il fuit en direction de l'hôtel au pas de course.
Une fois à l'abri de sa chambre, il se laissa choir sur son lit. Que lui arrivait-il ? Certes au cours de son voyage qui l'avait mené jusque là, il s'était senti quelques fois attiré par l'odeur du sang lorsqu'il s'était retrouvé très près d'une personne qui saignait. Mais elle, elle ne saignait pas. Il avait senti l'odeur de son sang à travers sa peau. Ce n'est pas normal, songea-t-il. En tant que cadet, il n'aurait pas dû ressentir une telle attirance pour ce fluide chaud. Seuls les aînés pouvaient être attirés de la sorte. Pas lui. Pas le dernier-né.
Il chercha à faire le vide dans son esprit pour oublier ce qu'il avait ressenti mais cette odeur restait ancré en lui, l'attirant, l'obsédant même. Il se leva pour se rendre dans la salle de bain où il prit une douche, espérant pouvoir chasser ce parfum qui imprégnait son âme de part en part, le poussant à désirer sortir.
Il resta plus d'une heure sous le flot chaud qui s'écoulait sur son corps. En fait, il y resta jusqu'à ce qu'il ne ressente plus cette faim lui brûlait les entrailles.
Puis il appela son oncle, chose qu'il n'avait pas encore pris le temps de faire depuis son arrivée et peu lui importait l'heure qu'il était. Il savait que son oncle serait réveillé. Les Vladislas ne dormaient que très peu même ceux qui ne s'étaient jamais transformés.
La sonnerie retentit cependant plusieurs fois. Dès que son oncle eut décroché, il lui annonça qu'il serait dans l'Illinois aussitôt que possible avant de lui parler des événements de la soirée.
-Ce n'est pas normal. Ajouta-t-il. J'ai le choix. Je ne suis pas comme mes frères.
Son oncle ne lui répondit pas aussitôt, ce qui inquiéta le jeune Roumain.
-Qu'est-ce qu'il y a, oncle Sam ?
-Jettes-toi dans le premier avion pour l'Illinois. On en reparlera dès que tu seras là.
-Est-ce qu'il y a un problème ?
Stefan était de plus en plus anxieux. Son oncle lui cachait des choses, il en était persuadé. Il insista pour obtenir des réponses mais son aïeul le salua et raccrocha sans lui avoir donné la moindre explication.

Samuel s'écroula dans son fauteuil pensif jusqu'à l'arrivée de sa femme qui avait entendu le téléphone sonner.
-Qui était-ce ? Lui demanda-t-elle, le tirant de ses pensées.
-Stefan.
Très vite, elle réalisa que quelque chose tracassait son mari. Alors elle vint s'asseoir sur le bras du fauteuil et lui demanda :
-Il y a un problème ?
Il leva les yeux vers elle et tout en plongeant un regard grave dans le sien, il lui répondit :
-Oui, un gros.
-Est-ce que ses frères l'ont retrouvé ?
Elle connaissait l'histoire de la famille Vladislas mais elle n'avait jamais craint son mari. Même le jour où il lui avait dévoilé la vérité son identité, elle n'avait pas été effrayé. Il était loin d'être un monstre contrairement à la majorité des hommes de sa famille qu'elle ne connaissait d'ailleurs pas et qu'elle n'avait jamais souhaité, en outre, rencontrer.
Samuel était un homme bon, bien plus que la majorité des hommes qu'elle connaissait. Il participait à plusieurs oeuvres caritatives de la ville. Il s'était toujours montré attentif et prévenant envers ses amis mais aussi ses voisins et tous ceux qui avaient eu un jour ou l'autre besoin de ses services.
Il travaillait en tant que chirurgien dans un grand hôpital de la ville. Il ne comptait plus le nombre de vies que sa profession lui avait permis de sauver. Le sang ? Il ne s'était senti attiré que quelques fois les mois suivants son dix-septième anniversaire lorsqu'il se trouvait près d'une personne blessé mais ça lui était très rapidement passé lorsqu'il avait définitivement choisi de rester humain.
Stefan venait juste de fêter ses dix-sept ans et c'était normal qu'il se sente attiré par l'odeur du sang mais ce qui l'était moins c'était cette attirance alors que personne ne saignait près de lui.
-Qu'est-ce qu'il y a Sam ? S'inquiéta sa femme face à l'expression si sérieuse qu'il arborait.
-La malédiction. Souffla-t-il absent.
-Sam, tu m'inquiètes.
-Rien, oublies.
Il ne voulait pas affoler sa femme inutilement tant qu'il n'en saurait pas plus. Il voulait d'abord être certain de ce qu'il avancerait. Rien était encore sûr.
-Samuel Vladislas, dîtes-moi ce qui ne va pas !
-Je te promets de t'en parler dès que j'en serais certain. En attendant, tu devrais retourner te coucher.
Elle souffla de dépit. Samuel Vladislas était malgré toutes ses qualités un être terriblement têtu et cela ne changerait jamais.
-Tu devrais aller te reposer un peu. Lui conseilla-t-elle.
-Je te rejoins dans quelques minutes. Lui promit-il en retour avant de lui déposer un furtif baiser sur ses lèvres.

Dès que sa femme eut regagné sa chambre, Samuel s'empara du téléphone. Une seule personne pourrait répondre aux questions qu'il se posait depuis le coup de fil de son neveu : son oncle, lui aussi dernier-né qui avait choisi de rester humain.
-Samuel ? S'étonna le vieil homme. Que me vaut ton coup de fil ?
-Je suis inquiet pour Stefan.
-Que se passe-t-il Sam ? Racontes-moi tout.
Samuel lui raconta la conversation téléphonique qu'il avait eu avec son neveu.
-Ce n'est pas normal. C'est le dernier-né. Ajouta-t-il.
-Penses-tu que la malédiction soit en cause ?
-C'est ce que j'aimerais savoir. Nous sommes à l'aube d'un nouveau millénaire et Stefan est le plus jeune de toute notre famille.
-Alors tu sais ce que ça signifie s'il se transforme ?
-Tu penses vraiment que...
-Oui. Je pense qu'il est celui dont Dragomir parlait dans sa malédiction.
-Que me conseillez-vous de faire, mon oncle ?
-Protèges-le de tout ce qui pourrait accélérer sa transformation et de ses frères en particulier.
-Je pensais qu'il pourrait mener une existence normale une fois ici.
-Il le pourra mais il devra être plus fort pour lutter contre l'être démoniaque qui l'habite. S'il ne reste pas humain, tu sais ce que cela signifie pour l'humanité entière.
-Oui, je le sais.
Samuel raccrocha. A présent, il avait ses réponses. Il avait toujours su qu'un jour ou l'autre, un membre de sa famille aurait à affronter cette situation mais il avait espéré toute sa vie ne pas être celui qui y serait confronté. Pourtant, il ne pouvait plus nier l'évidence. Stefan était celui dont Dragomir avait parlé dans sa malédiction. Le dernier demi-vampire qui mettrait l'humanité à flot et à sang en créant une toute nouvelle race de vampires qui règnerait en maître sur la Terre. Comment pouvait-il empêcher cela ? Dorin savait-il ce que son frère représentait aux yeux de leur race ? Si oui alors cela signifiait qu'il était au-devant de sacrés problèmes.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyLun 7 Juin - 14:11

Trois semaines plus tard, lycée Bartlett, Wayne, Illinois.



-Eh vous avez vu le nouveau ?S'enquit Casey Sullivan, une petite brune de troisième année qui venait de rejoindre ses deux amies.
Alors que Sarah, une grande brune aux yeux marrons, cherchait dans tous les sens, ce nouveau venu, Kaylie Sawyer ne daigna même pas quitter son livre des yeux.
-Tu pourrais au moins lui jeter un coup d'oeil ! Lui intima Sarah en lui arrachant le livre des mains.
-A qui ?
-Au nouveau, idiote !
-Oh ! Les mecs et moi vous savez...
-Oui mais lui, il en vaut vraiment le coup d'oeil.
-D'ailleurs, intervint Casey, on n'est pas les seules à l'avoir remarqué. Regardez qui va vers lui.
Kaylie osa porter un rapide coup d'oeil sur le nouveau. Elle découvrit un garçon, grand, les cheveux plutôt clair. Il était assez proche d'elles pour qu'elle remarque la couleur de ses yeux, bleus comme l'océan. Il était très beau et dégageait beaucoup de charmes mais Kaylie ne voulait plus s'attarder sur le moindre garçon. Elle avait été trop déçue lors de sa rupture avec Keith, le capitaine de l'équipe de basket. Il l'avait trompée avec Kate Anderson, une grande blonde au physique de mannequin.
Kate était la présidente des élèves également et à l'instant même, elle se dirigeait vers le nouveau lycéen.
-Elle ne perd pas de temps. Fit remarquer Sarah.
-Et si on allait y mettre notre grain de sable ? S'enquit Casey.
-Arrêtez, les filles ! Elle fait juste son travail.
-Vraiment ? Regardes-là.
Kate venait d'aborder le nouveau mais tout dans son attitude dénotait qu'elle cherchait, en plus de l'accueillir comme il se devait, à le séduire.
-Il est hors de question qu'elle nous le pique ! Grincha Casey.
-Dois-je vous rappeler que vous avez toutes les deux un copain ? Les questionna Kaylie.
-Nous oui mais toi non.
-Je m'en fous des mecs et puis rends-moi mon bouquin !
Sarah n'avait pas l'intention de rendre le livre à Kaylie. Elle en avait assez de son attitude depuis qu'elle avait rompu avec Keith. Elle passait son temps plonger dans un bouquin. D'ailleurs, elle ne faisait que ça, lire, lire et encore lire. Elle ne sortait même plus avec elles faire les magasins ni au soirée auxquelles elles étaient invités. Cela devait changer. Sarah songea que si son amie rencontrait un nouveau garçon, peut-être en tomberait-elle amoureuse et peut-être par la même occasion redeviendrait-elle la jeune fille qu'elle avait toujours connu.
Jamais auparavant, Kaylie n'aurait passé autant de temps à lire. Elle aimait trop la vie pour perdre du temps dans la lecture. Elle avait besoin en outre de se dépenser, de passer du temps avec ses amies et de sortir faire la fête.
Quelques mois plus tôt, elle avait été élu capitaine de l'équipe des pom-pom girls mais elle avait abandonné son poste trois semaines plus tard. Depuis ce jour, elle avait changé du tout au tout et s'était beaucoup renfermé sur elle-même au grand désarroi de ses deux meilleures amies.
Sarah prit la main de son amie et, suivi de Casey, elles se dirigèrent vers le nouveau qui était en pleine conversation avec Kate.
-Tu nous présentes ton nouvel ami ? L'invita à le faire Casey sans se départir de son éternel sourire.
Même lorsqu'elle avait des coups de blues, Casey souriait. Selon elle, la vie était bien trop courte pour se laisser démonter par quoi ou qui que ce soit. Ses amies l'aimaient pour ça. Elle était la seule à savoir vous remonter le moral et à vous faire rire même dans les pires situations.
Kate n'apprécia guère l'intrusion des trois jeunes filles. Elle aurait aimé garder le nouveau pour elle seule. D'autant plus qu'elle remarqua très vite qu'il ne quittait plus Kaylie du regard.
Toutes deux étaient rivales depuis de nombreuses années déjà et Kate avait mis un point d'honneur à lui voler Keith. Elle s'en était d'ailleurs vanter dans tout le lycée et ce fut ainsi que la seconde avait appris la nuit que son petit-ami avait passé entre les bras de sa rivale. Comment aurait-elle pu passer à côté alors que tout le lycée en parlait ?
-Nous ne sommes pas amis. C'est un nouveau et en tant que présidente des élèves, je me dois de l'accueillir...
-Bref, l'interrompit Casey. Tu peux toujours nous le présenter.
Kate n'avait pas vraiment le choix et puis si elle ne le faisait pas, il se présenterait sûrement de lui-même. Alors autant le faire pour ne pas passer pour une impolie auprès de lui, se dit-elle.
-Il s'appelle Stefan Borden et il vient d'arriver de Roumanie.
-Un Roumain ? S'étonna Kaylie en levant les yeux vers lui.
-Oui. Répondit-il avec son accent que les trois amies trouvèrent irrésistible.
Elles se présentèrent toutes trois tour à tour. En fait, pas vraiment. Sarah et Casey se présentèrent mais il fallut que cette dernière présente leur troisième amie qui à part sa première question semblait avoir perdu l'usage de sa langue.
Ca aussi, ça avait changé. Auparavant Kaylie était une grande bavarde, pas timide pour un sou mais depuis sa rupture, il était rare que quelqu'un, hormis ses meilleures amies entendent le son de sa voix.
-A présent que les présentations sont faîtes, vous pourriez peut-être me laisser faire mon travail. Je dois l'accompagner jusqu'à sa salle de cours.
-Peut-être que l'une de nous a le même cours que lui. Ca te soulagerait un peu avec tout ce que tu dois faire. Tu as quoi en première heure ? S'enquit Casey.
Stefan sortit son emploi du temps afin de pouvoir répondre à la jeune fille.
-Littérature américaine.
Même si elle ne voulait pas se l'avouer, Kaylie fondait sous son accent qui le rendait encore plus sexy.
-C'est drôle, intervint Sarah, Kaylie commence par ça aussi.
-Comme par hasard. Grincha Kate entre ses dents.
-Le hasard fait bien les choses. Répliqua Sarah du tac-au-tac.
-Ca ne te dérange pas de m'accompagner alors ? S'enquit Stefan en regardant la jeune fille.
-Non puisque je me rends moi aussi dans cette salle. Lui répondit-elle en haussant les épaules.
Kate était furieuse. Elle bouillait de l'intérieur et cela ressortait sur ses traits tendus. Pour l'apaiser, Stefan lui proposa de venir le récupérer à la fin de cette heure et de l'accompagner jusqu'à son cours suivant. Elle lui adressa un sourire tout en acceptant volontiers avant de se retourner pour entrer dans le hall du lycée.
Sarah et Casey adressèrent un sourire plein de sous-entendu à leur amie avant de s'en aller en la laissant seule avec le nouveau.
-Sympa. Souffla-t-elle entre ses dents.
-Pardon ? S'enquit Stefan qui avait juste entendu le chuchotement sans en comprendre les mots.
-Rien, je parlais toute seule. Alors tu es Roumain ? Pourtant ton nom ne semble pas avoir de consonance roumaine.
-En fait, j'ai vécu toute ma vie en Roumanie alors je considère ce pays comme le mien mais je suis né ici aux Etats-Unis.
En vérité, Stefan avait troqué son nom contre celui que son oncle avait adopté en arrivant aux Etats-Unis. Sa fortune lui avait permis de donner des pots de vin aux plus hautes instances pour qu'il change ainsi son identité.
Samuel avait songé que c'était le mieux ainsi pour oublier qui il était mais surtout de quelle famille il était issue : une famille de monstres qui effrayaient le moindre Roumain rien qu'en entendant ce nom.
-Et tu as décidé de venir aux Etats-Unis...
-Oui.
-Pour ?
-Connaître le pays dans lequel je suis né et ma famille. Lui mentit-il.
Elle lui adressa un furtif sourire qu'il lui rendit en retour. Il appréciait beaucoup cette fille, bien plus que la première qui l'avait abordé lorsqu'il avait mis les pieds ici. D'ailleurs, il regrettait déjà de lui avoir proposé de venir le chercher à la fin de cette première heure. Il aurait souhaité passer un peu plus de temps avec Kaylie, apprendre à la connaître. C'était d'ailleurs la première fois qu'il s'intéressait à une personne de sexe opposé de la sorte.
Pour pouvoir lui parler ainsi sans se sentir attiré par autre chose que par sa personnalité et son charisme, il avait été obligé de passer trois semaines avec son oncle qui ne l'avait pas quitté d'une semelle jusqu'à ce jour.
La première avait été tout particulièrement difficile. Son estomac criait sans cesse famine et aucune nourriture habituelle ne l'apaisait. Son goût pour le sang était si prononcé qu'il aurait pu tuer plus d'une fois sa tante si Samuel n'était pas intervenu. Alors pour le calmer un peu, on lui avait fait cuire de la viande saignante. Il avait très vite adopté ce régime.
La seconde semaine avait très mal débuté. Une amie de la famille était venu rendre visite à son oncle et sa tante. Elle avait une fille de l'âge de Stefan. Alors qu'elle aidait au repas, elle s'était coupée la main. Stefan s'était alors jeté sur elle et si Samuel n'était pas intervenu à temps, il aurait goûté ce sang qui l'attirait tant. Heureusement, leur amie n'avait pas fait de scandales. Elle connaissait les origines de son hôte et elle savait que cela pouvait arriver. Elles étaient juste partis.
Samuel avait alors décidé d'enfermer Stefan quelques jours dans sa chambre, ne lui montant que ses repas. Il avait dû lutter contre ce démon qui cherchait à prendre sa place seul.
Au bout de quatre jours d'isolation, il s'était enfin senti apte à se contrôler. Bien sûr, le sang l'attirait toujours mais tant que personne ne saignait près de lui, il se maitrisait.
Quelques jours plus tard, Samuel avait décidé de le confronter à la réalité du monde. Il avait alors emmener en ville où il s'était comporté comme un parfait humain.
Le dernier test avant cette rentrée scolaire s'était déroulé dans l'enceinte de l'hôpital où Samuel travaillait. Si Stefan arrivait à sa contrôler dans un lieu où se trouvaient des blessés à profusion, alors il pourrait se rendre au lycée comme n'importe quel jeune de son âge s'était dit son oncle.
Le test avait été difficile et douloureux pour le jeune roumain mais il s'en était très bien sorti. Son oncle l'avait félicité et lui avait annoncé qu'il se rendrait au lycée dès le lundi suivant.
Stefan avait été heureux de cette nouvelle et il l'était encore plus à présent qu'il discutait avec Kaylie. Ce genre de conversation ne lui serait jamais arrivé en Roumanie. Elle ne lui dévoila pas grand chose sur elle, au contraire, elle l'écoutait comme personne ne l'avait fait avant elle. Toutefois, il préférait lui mentir sur pas mal de point. Il craignait que si elle en apprenait trop sur lui, elle s'enfuit en courant.

Ils entrèrent dans la salle déjà bondée. Comme à l'accoutumé, le professeur de littérature américaine était en retard. Kaylie invita le jeune homme à s'installer au pupitre qui se trouvait juste derrière elle. Jusqu'à présent, Keith s'était toujours assis mais elle venait de décider que les choses devaient changer.
Son ex petit-ami ne fut pas très heureux de voir sa place occupée lorsqu'il arriva dans la salle. Malgré ce qu'il avait fait, il aimait toujours Kaylie et il espérait qu'un jour, elle lui donnerait une seconde chance.
-C'est ma place, dégages ! Ordonna-t-il à Stefan.
-Trouves toi en une autre. Répliqua Kaylie qui n'appréciait guère le ton employé par son ex.
-Et pourquoi tant qu'on y est, il ne piquerait pas ma copine en plus de ma place ?
-Et pourquoi tu ne la fermerais pas Keith ! S'indigna-t-elle.
Il pouvait toujours rêver s'il pensait qu'ils allaient se remettre ensemble.
Stefan regardait tour à tour les deux personnes qui se disputaient devant lui, par sa faute en plus. Il décida qu'il valait mieux ne pas créer de problèmes entre eux. Il ne désirait pas se faire d'ennemis ici, au contraire. La vie lui offrait la chance de pouvoir se faire des amis, chose qu'il n'avait jamais eu jusqu'alors, alors pourquoi tenter le diable.
-C'est bon, je te laisse ta place. Désolé, je ne savais pas quelle était déjà prise.
Il se leva et partit s'asseoir sur un pupitre au fond de la classe, le seul de libre en fait, sous le regard déçu de la jeune fille avant qu'elle jette un regard noir à Keith.
-Quoi ? Lui demanda-t-il.
-T'es vraiment un idiot.
-Attends, ne me dit pas que tu craques pour cet albinos.
-Un albinos ?
-Tu as vu comme il est blanc.
-Pas bien plus que moi et pourtant, tu ne m'as jamais traité d'Albinos.
Kaylie avait une peau laiteuse, presque aussi blanche que les poupées russes.
-Et pour ton info, je ne craque pas sur lui mais il est nouveau alors tu aurais pu te montrer un peu plus sympa.
Keith ne répliqua pas aussitôt. Il réfléchit aux paroles qu'elle venait de prononcer, en se demandant si cela lui donnerait des chances d'être à nouveau avec elle, s'il se montrait sympathique avec le nouveau.
-Désolé. Tu as raison. Je ne me suis pas montré très cool avec lui. Si tu veux, pour te prouver que je peux être sympa avec les nouveaux, je vais aller lui proposer de déjeuner avec moi et mes potes.
-Ce serait très sympa de ta part.
Il lui adressa un sourire avant de se lever pour rejoindre Stefan et lui offrir son invitation à se joindre à lui durant la pause à la cafétéria. Le jeune Vladislas accepta volontiers tout en songeant que ça devait être son jour de chance.

A la fin de l'heure, avant de quitter la salle, Stefan se rendit jusqu'à Kaylie qui rangeait ses affaires en prenant son temps. Elle devait parler à son professeur au sujet d'un devoir à rendre la semaine suivante. Alors elle attendait que les élèves quitte la salle.
-Est-ce que tu vas déjeuner avec Keith ? S'enquit-il un peu mal à l'aise par ce qu'il était en train de demander.
Tout était si nouveau pour lui qu'il craignait de se faire rejeter à chaque instant.
-Non.
-C'est dommage.
-Je ne sors plus avec lui même s'il a sous-entendu d'autres choses et je n'ai pas trop envie de déjeuner avec lui.
-D'accord, je comprend. On pourrait peut-être...
Il laissa sa phrase en suspens. Il n'avait jamais proposé à une fille de sortir prendre un verre avec lui alors, il ne savait pas vraiment comment s'y prendre.
-Quoi ?
-Rien. Laisses tomber.
-Tu es sûr ?
-Oui.
-On se voit plus tard alors ?
-Bien sûr.

Kate qui l'attendait jeta un coup d'oeil par la porte de la salle de cours afin de s'assurer qu'il s'y trouvait encore. Elle avait vu tous les élèves sortir les uns après les autres sauf lui et Kaylie. Elle s'était demandé un instant si elle ne l'avait pas raté et s'il n'était pas parti avec sa rivale sans l'attendre. Mais ce qu'elle découvrit l'énerva tout autant. Elle avait l'impression que Kaylie cherchait à le séduire. Du moins, c'était ce qu'elle imaginait.
Lorsqu'il quitta enfin sa rivale pour venir la rejoindre, sa colère s'atténua et lui offrit un large sourire.
-Comment s'est passé ta première heure ?
-Pas trop mal. Admit-il.
Il n'avait pas compris tous les mots employés par leur enseignant mais assez pour pouvoir suivre le cours.
Alors qu'elle l'accompagnait jusqu'à sa prochaine salle, la jeune fille se montre très bavarde, trop même au goût de Stefan qui ne pouvait pas placer un seul mot. Il apprit bien plus de choses sur elle qu'il en avait appris sur Kaylie. Elle lui en dévoilait tant qu'il avait presque envie de la faire taire. Contrairement à kate, Kaylie s'était montré si secrète qu'il désirait la connaître pour percer ses secrets les uns après les autres. Pourtant lorsque la jeune fille qui l'avait accompagné jusqu'à la porte de sa seconde heure de cours l'invita à aller prendre un verre après les cours, il accepta sans vraiment savoir pourquoi.
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La malédiction des Vladislas [bit-lit] Empty
MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyLun 7 Juin - 21:32

Dès que la dernière sonnerie retentit, les élèves, pour la majorité d'entre eux, se précipitèrent à l'extérieur comme si elle venait d'annoncer leur liberté après une éprouvante journée en prison.
Kaylie et ses amies ne furent pas en reste même si pour les deux dernières la journée n'était pas réellement terminé. Elles devaient se rendre à présent au gymnase où se déroulait leur entraînement de pom-pom girls.
-C'est dommage que tu ne fasses plus partie de l'équipe. Déclara Casey à Kaylie.
Cette dernière haussa juste les épaules.
-On s'amusait bien pourtant toutes les trois.
-Je sais mais...
-Ecoutes, si un jour tu décides de revenir parmi nous, tu auras toujours ta place. Intervint Sarah.
Depuis que Kaylie avait quitté l'équipe, Sarah en était devenue la nouvelle capitaine.
-Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
-Je pense comme d'habitude. Je vais aller prendre un café dans le bar de Manole tout en lisant un livre passionnant.
-Quand vas-tu les lâcher ces livres ? La questionna Sarah.
Une nouvelle fois, Kaylie haussa les épaules.
-Laisses tomber Srah. Je ne suis pas certaine qu'un jour on retrouve notre ancienne amie. Elle a été enlevé par les petits bonhommes verts et regardes ce qu'ils en ont fait. Plaisanta Casey.
-Très drôle. S'offusqua Kaylie.
-Ok, c'était pas très drôle, j'avoue. Dis nous au moins s'il y a des chances pour qu'on puisse te voir après notre entraînement ? On pourrait te récupérer chez Manole et on irait faire un peu les boutiques. T'en penses quoi ?
-J'en sais rien. J'ai pas mal de devoirs à faire. On se verra demain en cours, d'accord ?
Malgré leur déception, ses deux amies hochèrent la tête. Kaylie leur donna un furtif baiser amical sur la joue avant de se diriger vers sa voiture sous le regard navré de Casey et Sarah.
-Tu crois qu'un jour elle retrouvera le sourire ? S'enquit Sarah auprès de Casey.
-Je l'espère.
-Ca fait déjà deux mois.
-Je sais.
Elle s'attendirent quelques secondes de plus sur leur amie qui montait à présent dans sa voiture avant de se retourner pour se rendre au gymnase.

Le bar se trouvait à quelques minutes en voiture du lycée. Il était tenu par Manole Cioban, un Roumain, qui avait fui son pays des années auparavant pour se réfugier dans ce pays où il avait refait sa vie. Il n'avait que trente ans mais le poids de son passé lui donnait un âge bien plus avancé. Toutefois, il ne s'était jamais attardé sur ce qu'il avait vécu.
Kaylie l'appréciait beaucoup. Souvent, elle s'était confié à lui les jours qui avaient suivi sa rupture. Il l'avait écouté, l'avait réconforté et c'était même grâce à lui qu'elle s'était découvert cette passion pour les livres. Jamais auparavant elle n'avait ouvert un livre pour le simple plaisir de lire les mots qui se suivaient les uns après les autres et qui ensemble la menaient loin de son imaginaire. Rêver lui avait permis d'oublier la douleur causée par la trahison de Keith.
Elle gara sa voiture sur un emplacement libre. Puis elle mit quelques pièces dans le parcmètre avant de se rendre dans le bar. Comme à son habitude, elle vint directement s'asseoir au comptoir. Il n'y avait pas grand monde à cette heure-ci. Seuls quelques lycéens qui n'avaient rein d'autre à faire que de perdre du temps dans un tel endroit s'était regroupés sur deux ou trois tables.
Dès qu'il la vit entrer, Manole lui prépara son café et un petit plus offert par la maison : une de ses pâtisseries favorites.
-Comment tu vas aujourd'hui ? Lui demanda-t-il alors qu'elle s'asseyait sur un tabouret et qu'il déposait devant elle son café.
-Pas trop mal. Lui répondit-elle.
-Tant mieux alors.
Il retourna vaquer à ses occupations tandis qu'elle avalait sa première gorgée de café tout en déposant son livre devant elle. Elle l'ouvrit puis commença à lire les premières lignes avant de relever la tête vers son ami.
-Y a un nouveau au lycée. Il vient de Roumanie.
-Un Roumain ?
-Pas vraiment. Il est né ici.
-Ah d'accord.
-Je me suis dit que peut-être tu aimerais le rencontrer. Ce serait peut-être sympa que tu fasses la connaissance d'un mec qui avait vécu dans ton pays.
-Pourquoi pas ? Du moment que ce n'est pas un Vladislas.
Il retourna vaquer à ses occupations. Kaylie avait remarqué un changement dans son regard lorsqu'il avait prononcé ce nom et elle désira en savoir plus.
-Qui sont les Vladislas ?
Il leva les yeux vers elle et la fixa quelques instants d'un regard absent avant de lui répondre :
-Rien. Oublies.
Elle le regarda à son tour de longues secondes tandis qu'il lavait les trois verres qu'il avait récupéré un peu plus tôt. Puis, puisqu'il ne semblait pas vouloir lui en dévoiler un peu plus, elle se replongea dans sa lecture jusqu'à ce qu'elle entende une voix derrière qui ne lui était pas totalement inconnu mais qui ne lui était pas familière pour autant.
Elle leva les yeux vers celui qui venait de la saluer. Stefan se trouvait juste derrière elle.
-Eh, salut ! Qu'est-ce que tu fais là ? Ne put-elle s'empêcher de le questionner.
-Kate m'a, répondit-il en désignant de la tête une table où se trouvait la jeune fille... Elle m'a invité à prendre un verre avec elle.
-Oh ! C'est bien pour toi.
Ils restèrent quelques secondes à se regarder en silence, ne trouvant pas de mots pour relancer la discussion avant que Kaylie ne retrouve l'usage de sa langue.
-Ca tombe bien. Je parlais justement de toi à Manole tout à l'heure.
-Manole ?
-Le barman. Il est Roumain comme toi.
-Je crois que je ferais mieux de rejoindre Kate.
Stefan ne se sentait plus très à l'aise. Si Manole était bel et bien Roumain comme venait de lui dire Kaylie alors il le reconnaîtrait sûrement. C'était un fait. N'importe quel Roumain ressentait une crainte effroyable devant un membre de la famille Vladislas.
-Mais pourquoi ? Attends que je te le présente au moins.
-Une autre fois peut-être, d'accord ?
Elle secoua la tête. Stefan lui semblait presque terrifié à l'idée de rencontrer l'un de ses compatriotes. C'était plutôt étrange.
-Je vous sers quelque chose ? Entendirent-ils.
Manole était venu vers eux pour prendre la commande du jeune homme mais à l'instant où Stefan tourna la tête vers lui, le barman eut un mouvement de recul avant de se reprendre.
-Sors de mon bar !
-Manole ? S'insurgea Kaylie qui n'avait pas pour habitude de voir son ami renvoyer les clients de la sorte.
-Sors de mon bar ! Les Vladislas ne sont pas les bienvenus ici.
La jeune fille lisait à la fois de la colère et de la peur dans le regard de son ami.
-Mais de quoi tu parles, Manole ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Il sait de quoi je parle. Lui répondit-il sans quitter un instant Stefan des yeux.
-Oui, je sais mais vous faîtes erreur sur la personne. Je m'appelle Stefan Borden, je suis né aux Etats-Unis et je ne suis aucunement lié à la famille Vladislas.
-Tu ments.
-Est-ce que quelqu'un veut bien m'expliquer ? Intervint Kaylie.
-Il me prend pour une personne que je ne suis pas. Et puis cette famille Vladislas n'est qu'une légende. Je n'ai jamais rencontré un de ses membres.
-Une légende ? S'offusqua le barman.
Il émit un léger rire jaune avant de reprendre.
-Il n'y a rien de légende dans cette famille de monstres. Ils ont détruits ma vie et ma famille. Et tu peux raconter ce que tu veux à qui tu veux mais pas à moi. Je saurais vous sentir à des kilomètres à la ronde et vous reconnaître entre tous.
-Vous faîtes erreur sur la personne. Je vous assure que je ne suis pas un Vladislas.
S'il voulait mener la vie qu'il avait désiré en arrivant ici, Stefan était obligé de mentir même s'il savait pertinemment que Manole ne le croirait pas.
-Stefan, je ne sais vraiment pas ce qu'il arrive à Manole mais tu ferais mieux de partir.
-Tu as raison. On... On se voit demain au lycée ?
-Oui. Lui sourit Kaylie.
Stefan se dirigea vers Kate sous le regard de Kaylie. Elle attendit qu'ils aient quittés le bar avant de se retourner vers son ami et de lui demander :
-Qu'est-ce qu'il t'a pris ? C'est comme ça que tu accueilles tes compatriotes ?
-Fais-moi une promesse, Kay.
-Laquelle ?
-Promets-moi de ne pas t'approcher de lui.
-Quoi ?!
-Promets-le moi, Kaylie.
-Stefan est quelqu'un d'adorable.
-Ce n'est qu'une apparence. C'est un Vladislas, je le sais. Je le sens comme tous les Roumains peuvent le sentir. Ils nous inspirent la peur. Pourquoi, bon sang, vous autre Américains n'êtes jamais capables de voir où le danger se trouve ? Kaylie, nous sommes amis depuis pas mal de temps à présent, alors, s'il te plaît, écoutes-moi lorsque je te dis de ne pas t'approcher de lui.
-Je ne sais vraiment pas ce qu'il t'arrive Manole mais une chose est sûre, c'est que tu ne peux pas m'interdire de voir qui je veux.
Il montra un signe d'impatience avant de laisser tomber l'affaire. Il se promit dès lors qu'il serait là pour protéger Kaylie de ce monstre si jamais les choses tournaient mal. Et puis ils pourraient peut-être enfin se venger de tout le mal qu'il avait subi à cause de cette famille de monstres. Cette famille qui lui avait pris les siens les uns après les autres : sa femme, ses parents puis son fils. Il haïssait cette famille bien plus que n'importe quel Roumain qui ne faisait que les craindre.
-Je crois que je devrais y aller. Je passerai peut-être demain. Ajouta la jeune fille avant de se lever et de déposer quelques pièces sur le comptoir pour payer sa consommation.

A l'extérieur, elle retrouva son camarade de classe qui avait laissé Kate rentrait chez elle après lui avaoir dit qu'il ne se sentait pas très bien. En vérité, il souhaitait parler à Kaylie. Il s'était alors caché dans une ruelle en attendant que celle qui l'avait accompagné parte. Puis il s'était adossé à au mur adjacent le bar en attendant que la seconde quitte le bar.
-Où est Kate ? Le questionna-t-elle en le voyant seul.
-Elle est rentrée chez elle.
-Alors, qu'est-ce que...
-Je t'attendais.
-Tu m'attendais ? Lui demanda-t-elle incrédule.
-Oui. Je voulais te parler de ce qui s'est passé dans le bar.
-Laisses tomber, d'accord ? Je n'ai rien compris à toute cette histoire et c'est déjà oublié.
-Vraiment ?
-Oui. Et puis tu ne peux pas être l'un d'entre eux puisque tu es né ici, n'est-ce pas ?
Il sourit.
-Oui. Je suis né ici.
-Alors, voilà. Tout est oublié. On se voit demain en cours ?
-D'accord.
Elle se dirigea ensuite jusqu'à sa voiture qu'elle ouvrit avant d'interpeller le jeune Roumain :
-Eh, Stefan ?
Il se tourna vers elle et attendit qu'elle reprenne la parole.
-On pourrait peut-être se voir demain ou un autre jour après les cours pour que tu me parles de cette légende qui effraie autant les Roumains.
-Avec plaisir. Lui sourit-il.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMar 8 Juin - 15:08

La cloche sonna annonçant l'heure du déjeuner. Stefan n'avait pas encore eu l'occasion de revoir Kaylie depuis la veille où il l'avait laissé devant le bar. Toutefois, il avait beaucoup pensé à elle et à chaque fois son coeur s'était mis à battre plus que de raison. Il ne savait pas trop ce qui lui arrivait ni comment se comporter. C'était la première fois qu'il ressentait une telle chose.
-Tu manges avec nous ? S'enquit Keith qui le sortit par la même occasion de ses pensées.
-Quoi ?
-Allô la lune, ici la terre, se moqua gentiment Drew le meilleur ami de Keith mais aussi petit-ami depuis quelques mois de Sarah.
-A mon avis, il y a une fille là-dessous. Renchérit Jesse.
-On te demandais si tu déjeunais avec nous. Reprit Keith.
Keith et ses amis l'appréciaient assez pour l'inviter à déjeuner avec eux deux fois à la suite. Ce qui était plutôt rare de leur part. Ils n'aimaient pas trop voir des nouveaux débarquer dans leur clan fermé, constitué en majorité par les joueurs de l'équipe de basket. Mais Stefan avait ce quelque chose qui les poussait à vouloir en apprendre d'avantage sur lui.
Stefan s'apprêtait à accepter lorsque Kate le prit de court. Il ne l'avait même pas vu arriver et fut très surpris d'entendre le son de sa voix.
-Je me disais qu'on pourrait déjeuner ensemble. L'invita-t-elle.
-Je savais bien qu'il y avait une fille là-dessous. Ironisa Jesse.
Stefan aurait préféré que ce soit Kaylie qui vienne lui offrir cette invitation plutôt que la présidente des élèves. Toutefois, il se demanda quelques secondes s'il aurait pu accepter son invitation devant Keith qui semblait encore beaucoup tenir à elle.
-On se voit plus tard, mec. Le salua Drew en rejoignant ses amis qui avaient commencé à sa diriger vers la cafétéria.
Il aurait pu décliner à cet instant la proposition de la jeune fille et aller les rejoindre mais Kate accapara aussitôt son attention en lui posant tout un tas de questions. Il n'avait pas trop la tête à engager la conversation mais par peur de manquer de politesse, il lui répondit même si pour la majorité ses réponses étaient plutôt évasives.

Kaylie se trouvait déjà attablé avec ses amies lorsque les trois basketteurs vinrent s'installer avec elles. Elle ne fut pas très contente devant cette expectative de se trouver à la même table que son ex durant plusieurs minutes mais elle avait dû s'y faire. De temps à autre, Drew aimait manger avec sa petite-amie et ses amis. Les premières fois, elle s'était levé et avait changé de table pour ne pas se retrouver assise à côté de Keith mais les mois étaient passés et tant que cela restait occasionnel, elle acceptait ce fait.
-Le nouveau n'est pas avec vous ? S'enquit Sarah.
-Il avait mieux à faire. Plaisanta Jesse.
-Hein ?
Drew lui conseilla de jeter un coup d'oeil à quelques tables plus loin où le jeune Roumain venait de s'asseoir. Les trois jeunes filles tournèrent leurs têtes en même temps dans la même direction. Kaylie n'en revint pas. Que faisait-il avec elle ? Son coeur se serra douloureusement sans qu'elle en comprenne la raison. Que lui arrivait-il ? Elle s'était promis de ne plus jamais tomber amoureuse mais ce qu'elle ressentait à l'instant même lui rappelait ce qu'elle avait ressenti des mois auparavant pour le garçon qui était assis à ses côtés. Non, ce n'était pas possible. Elle se refusait ce droit. D'autant plus qu'il semblait plutôt bien s'amuser avec sa rivale. Elle était en train de le faire rire.
-J'ai l'impression que notre présidente n'est pas la seule à qui il plaît. Annonça Drew.
-Ouais. On dirait bien que notre ancienne capitaine le trouve à son goût. Ironisa Jesse qui avait toujours une plaisanterie, même de mauvais goût, à sortir.
Mais cette fois, hormis Drew, personne ne rit. Keith regarda son ex-petite-amie avant de dévisager Stefan.
-De quoi vous parlez ? Les questionna Kaylie qui venait de réussir à lâcher le Roumain du regard.
-Moi, je vais vous dire ce qui va se passer. Répliqua Jesse sans prêter attention à la question de son amie. L'histoire va se répéter en sens inverse.
-De quoi tu parles ? S'enquit Casey.
-Je vous parie qu'il va sortir avec Kate mais il la trompera avec Kaylie.
-Non mais n'importe quoi ! S'offusqua la concernée. T'as pas d'autres conneries à sortir. Sérieux, tu me prends pour qui ? Tu crois que je suis ce genre de filles-elle dirigea sa main vers Kate pour la désigner- et que je vais aller piquer le mec des autres et ensuite m'en vanter dans tout le lycée !
-Je lance les paris. Drew, tu marches avec moi ?
-Ouais, je te parie 50 dollars que ça va arriver.
-Et toi, Keith ?
-Sans moi. Je marche pas avec vous cette fois.
-Quoi, t'as la trouille qu'il te pique ta copine ?
-Je vous rappelle qu'on est plus ensemble et je pense que vous vous souvenez de la raison.
-Ouais et c'est pour ça que ce serait drôle que l'histoire se répète en sens inverse.
-Vous êtes vraiment nuls les gars ! Intervint Casey.
Keith n'appréciait guère le nouveau pari lancé par ses amis. D'habitude, il était le premier à en lancer de la sorte mais là c'était différent. On parlait de la fille pour qui il ressentait encore des sentiments. D'accord, il avait très mal agi, pire qu'un imbécile en f ait, mais il l'aimait toujours même s'il ne savait pas comment s'y prendre pour le lui prouver et se faire pardonner. Il aurait donné n'importe quoi pour revenir avec elle. Décrocher la lune pour lui plaire ne semblait pas être un défi au-dessus de ses forces, à partir du moment où elle acceptait de ressortir avec lui. Mais Stefan pouvait être un problème majeur. Il se leva alors et se rendit jusqu'à l'autre table.sous le regard surpris de ses amis.
-Qu'est-ce qu'il fabrique ? Demanda Jesse.
-A mon avis, il est parti le rappeler à l'ordre.
-A propos de Kate ? Je croyais qu'il s'en fichait complètement de cette fille.
-Non, pas Kate...
Drew posa son regard sur Kaylie pour faire comprendre à son ami de qui il parlait.
-Moi ? S'étonna la concernée.
-Il est toujours amoureux de toi au cas où tu l'aurais pas remarqué.
-Dans ce cas, il avait qu'à y réfléchir avant de me tromper.
Furieuse, elle quitta la table sans explication. Ses deux amies la laissèrent partir seule. Elles la rejoindraient dès qu'elles auraient fini de manger.
Keith les rejoignit quelques minutes plus tard. Il semblait assez satisfait de la petite conversation qu'il avait eu avec Stefan. Le Roumain lui avait promis qu'il ne se passerait rien entre Kaylie et lui, même si son coeur espérait l'inverse mais ce serait trop risqué.
Lorsque la veille, il avait déclaré à son oncle son intérêt pour la jeune fille, Samuel lui avait conseillé d'être prudent. Il ne savait pas si son neveu était prêt à mener une telle relation. Les sentiments amoureux pouvaient le pousser dans une mauvaise direction. Si jamais il sortait avec elle et que son désir s'accroissait trop à un moment donné, il pourrait se retrouver dans l'incapacité de contrôler son goût pour le sang et commettre un acte irréversible.
Stefan ne désirait cependant pas s'éloigner d'elle. Au contraire, il souhaitait apprendre à la connaître d'avantage. Lorsqu'il la vit quitter le self alors qu'il discutait encore avec keith, il la suivit un instant du regard en espérant que son camarade ne remarquerait rien. Puis dès lors qu'il se trouva seul, il alla s'excuser auprès de Kate avant de quitter cet endroit à son tour.
Il retrouva Kaylie assise sur les rebords de la fontaine qui ornait la cour du lycée. Elle était en pleine lecture lorsqu'il s'assit près d'elle.
-Ca parle de quoi ? Lui demanda-t-il.
Elle était si plongée dans son livre qu'elle sursauta en attendant le son de sa voix.
-Pardon. Je ne voulais pas te faire peur.
-Je ne t'avais pas entendu arriver. Lui dit-elle en refermant son livre.
-Alors ça parle de quoi ? Lui redemanda-t-il en désignant son livre.
-C'est un vampire qui tombe amoureuse d'une humaine...
-Tu y crois ?
-A quoi ?
-Aux vampires.
-Je n'en ai jamais rencontré à vrai dire et donc je ne pense pas qu'ils existent mais c'est une histoire passionnante.
Il lui adressa un rapide sourire qu'elle lui rendit en retour. Ils restèrent quelques minutes silencieux, se jetant de temps à autre, des regards gênés avant que Kaylie ose lui demander ce que Keith lui avait dit.
-Il m'a juste demandé de ne pas m'approcher de sa copine. Répondit-il en lui adressant un sourire.
-Alors qu'est-ce que tu fais là ?
-J'avais juste envie de te parler. On ne fait rien de mal, n'est-ce pas ?
-Non. Et puis je ne suis plus avec lui.
Une nouvelle fois ils s'enfermèrent dans un mur de silence sans se quitter du regard. Une certaine alchimie était en train de se produire entre eux mais Kaylie refusait d'y songer.
Casey et Sarah vinrent interrompre ce silence.
-On te cherchait partout. Lui dit Sarah.
-Mais si on avait su, on vous aurait laisser tranquille. Renchérit Casey.
-Non, c'est bon. Je devais y aller de toute façon. On se voit plus tard ? Demanda Stefan à Kaylie.
-Oui, bien sûr. Tu dois me raconter cette légende. J'espère que tu n'as pas oublié.
Il lui adressa un dernier sourire signifiant qu'il n'avait rien oublié avant de les laisser toutes les trois.
-Quelle légende ? S'enquit Casey alors que Stefan se trouvait déjà loin.
-Une légende roumaine. Répondit son amie sans donner plus de précisions.
-Ce ne serait pas plutôt une histoire pour passer du temps avec lui ? La questionna à son tour Sarah.
Kaylie se tourna vers elle et lui jeta un regard indignée avant de lui répondre :
-Non. Bien sûr que non.
-Avoues qu'il te plaît le petit nouveau.
-Non. Où est-ce que tu vas chercher ces idées ?
-Je ne sais pas, je me disais juste...
La phrase de Casey resta en suspens alors que Kate venait de prendre place avec ses amies assez près d'elles pour qu'elles entendent leur conversation. La présidente des élèves semblait surexcité. Très vite, Kaylie et ses amies en comprirent la raison : Stefan.
-Vendredi quand il me ramènera chez moi après notre petite sortie au cinéma, je sortirai avec lui. Annonça Kate à ses amies.
Kaylie jeta un rapide regard noir à sa rivale avant de se lever et de s'éloigner de cet endroit. Ses deux amies la rattrapèrent très vite.
-Attends. Ca ne va pas ? Lui demanda Sarah.
-Si, si ça va. Ne vous inquiétez pas.
-Tu es sûre ? S'inquiéta Casey.
-Si je vous le dit.... Je vais aller rejoindre ma salle de cours. On se voit plus tard ?
-Ouais mais si ça ne va pas, tu peux nous en parler. Lui dit Sarah
-Je sais. Lui répondit-elle en déposant une bise sur la joue de son amie.
Casey et Sarah la laissèrent entrer dans l'enceinte du bâtiment tout en la suivant du regard. Kaylie se sentait si furieuse qu'elle n'avait qu'un besoin se retrouver seule. Elle n'arrivait pas à comprendre l'attitude du Roumain. A quoi jouait-il ? Elle avait eu cette impression qu'ils s'entendaient plutôt bien alors pourquoi allait-il voir sa rivale ? Sûrement parce qu'il ne savait pas à quel point elles se détestaient toutes les deux, songea-t-elle une seconde avant de se reprendre. Non, il devait le savoir. Kate n'avait pas dû manquer de lui dire.
Elle entra dans sa salle sans faire attention à ceux et celles qui s'y trouvaient. Elle ne remarqua pas du coup que Stefan se trouvait ici. Elle se dirigea vers son pupitre sur lequel elle trouva un dessin d'elle et de ses amies assises sur le rebord de la fontaine. Il était signé Stefan. Elle s'avoua qu'il avait un très beau coup de crayon avant de le chercher du regard.
Il était assis quelques pupitres plus loin et ne l'avait pas quitté du regard depuis qu'elle était entrée dans la salle. Il attendait avec patience qu'elle se tourne vers lui après avoir découvert le cadeau qu'il lui avait déposé à sa place. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se lève, l'air furieux, et qu'elle vienne lui jeter son dessin en pleine face.
-Tu t'es trompé de personne !
-Quoi ? S'étonna-t-il.
Mais elle ne lui répondit pas, préférant revenir à sa place. Il désira se lever pour venir quérir une explication mais leur enseignant arriva à cet instant, l'immobilisant sur sa chaise.
Durant tout le cours, il ne quitta pas un seul instant Kaylie du regard, si bien, que peu de temps avant la fin de l'heure de cours, leur professeur lui demanda s'il était nécessaire qu'on le laisse seul avec la jeune fille.
Elle n'avait pas remarqué son regard posé sur elle et fut donc surprise par la question du quinquagénaire. Elle se tourna alors vers Stefan et lui jeta un regard noir.
-Bon si ça ne dérange personne, j'aimerai finir mon cours.

La cloche retentit. Stefan se leva avec précipitation pour devancer Kaylie qui rangeait encore ses affaires. Il souhaitait savoir ce qu'il avait fait de mal mais elle préféra l'ignorer jusqu'à ce qui lui demande :
-Tu veux toujours qu'on se voie... pour parler de cette légende ?
-Je pense que Manole me la racontera avec autant d'intérêt que toi, si ce n'est pas plus.
-Qu'est-ce que j'ai fait ? Je pensais que ça te ferait plaisir ce dessin.
-Ce que tu as fait ?... laisses tomber, d'accord.
Elle posa son sac sur son épaule puis se dirigea vers la porte de sortie avant qu'il ne la rattrape par le poignet.
-J'aimerai vraiment te voir après les cours.
-Vraiment ? A mon avis, tu as plus envie d'être avec Kate que moi. Alors, je te conseille d'aller la rejoindre.
-Kate ? Pourquoi veux-tu que j'aille la rejoindre ?
-Parce que tu as envie d'être avec elle.
-Si c'est ce que tu crois.
-J'en suis certaine. Après tout, c'est bien toi qui l'a invitée à sortir. Et puis, je sais même pas ce qui me prend. Je ne te connais pas, alors fais ce que tu veux.
Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait mais une chose dont il était certain, ses paroles le blessait. Il aurait aimé être capable de lui dire qu'il ne cessait pas de penser à elle mais il en était incapable. Trop d'années à l'écart des autres ne l'aidaient pas à se sentir à l'aise dans ce genre de situation. Certes, il avait prévu de sortir au cinéma avec Kate mais c'était elle qui l'avait invité. Il avait accepté plus pour le plaisir d'aller voir un film que pour être avec la présidente des élèves.
-Je ne l'ai pas invité à sortir. Elle l'a fait. Finit-il par répondre. Mais tu pourrais peut-être te joindre à nous.
-Kate et moi ? Tu plaisantes, j'espère. Laisses tomber d'accord ? Comme je t'ai dit, fais ce que tu veux de ta vie. On ne se connait pas alors ça ne me regarde pas.
Sans perdre de temps, elle franchit les quelques mètres qui la séparaient de la porte de sortie puis se rendit dans son autre salle.
Il l'avait suivi des yeux tandis qu'elle s'éloignait de lui. Il aurait pu lui courir après et essayer de la rattraper pour lui dire qu'il désirait passé son temps avec elle bien plus qu'avec Kate. Mais cela n'aurait servi à rien. Si au moins, il avait su comment s'y prendre dans ce genre de situation, au moins, il aurait pu tenter de le faire. Il aurait tellement souhaité pouvoir la voir après les cours pour lui parler de cette légende qui était en fait sa vie. Il aurait pu alors voir dans son regard sa réaction. Aurait-elle eu peur ? Son coeur espérait que non. Il ne voulait pas qu'elle le craigne, pas plus qu'il ne souhaitait la voir fuir devant lui.
Il réussit à quitter ses pensées lorsque son enseignant qui préparait l'arrivée des élèves suivants lui demanda s'il avait l'intention de suivre une nouvelle heure d'histoire des Etats-Unis. Stefan quitta alors la salle pour se rendre dans l'atelier de mécanique, son cours suivant.
Il y retrouva Drew qui lui proposa de travailler avec lui. Le jeune Roumain accepta volontiers mais tandis qu'ils devaient arranger un problème de cardan sur un véhicule, il n'y montra que peu d'intérêt.
-T'es toujours avec moi ? S'enquit Drew.
-Ouais, je suis là, t'inquiètes.
-Racontes. C'est quoi ton problème ?
-Rien.
Pourquoi se serait-il confier à lui ? Après tout il s'agissait d'un des meilleurs amis de celui qui lui avait interdit de s'approcher de Kaylie.
-Kate ? Demanda Drew en se déplaçant.
-Non. Je m'en fous de cette fille. Elle est sympa mais vraiment lourde.
-Ca tu peux le dire.
Kate avait déjà tenté de séduire Drew qui l'avait vite remis en place.
-Alors quoi ?
-Je t'ai dit rien.
-Kaylie, peut-être ?
Stefan ne répondit pas cette fois et préféra se plonger dans le moteur du véhicule pour éviter de montrer sa gêne.
-Tu peux m'en parler, mec. Je connais Kaylie depuis le jardin d'enfant et je l'aime beaucoup. Je sais que Keith souhaite encore être avec elle mais je ne suis pas certain qu'il la rende heureuse. Il lui a déjà fait beaucoup de mal. Tu sembles être un mec bien et je suis presque sûr que tu ne lui ferais pas de mal.
-Pourquoi tu me racontes ça ? S'enquit Stefan en levant les yeux vers le jeune homme qui se tenait dans son dos et lui tendait une clé.
-Parce que je sais que tu lui plais.
-J'y crois pas trop. Et même si c'était le cas, elle ne veut plus me parler.
-Elle te plaît alors ?
-Oui. Avoua timidement Stefan.
-Alors dis-moi pourquoi elle ne veut plus te parler et j'essaierai de t'arranger ça.
-Kate m'a invité à aller au ciné ce vendredi, j'ai accepté et Kaylie l'a appris, je ne sais comment.
-Je vois. Tu t'es mis dans un sacré pétrin là. Accepter de sortir avec la fille que Kaylie déteste le plus ne joue pas en ta faveur.
-Merci, ça je l'avais remarqué.
-Désolé. Ecoutes, j'ai une idée. Enfin ça sera à toi de jouer ensuite. Attends-moi après mon entraînement de basket, je t'amènerai chez moi et je vais demander à Sarah de forcer Kaylie à venir. Tu peux lui faire confiance, elle s'est se montrer convaincante quand il le faut.
-Je suis pas certain de pouvoir le faire... Enfin je veux dire, je ne suis pas sûr de pouvoir lui parler après la légère altercation qu'on a eu.
-Ecoutes, à toi de voir, ok ? Soit tu tentes le tout pour le tout, soit tu laisses Keith te devancer. Ils sont restés pas mal de temps ensemble et elle pourrait finir par lui pardonner même si ce n'est pas trop à l'ordre du jour.
-Ok, je viendrai chez toi.
-Cool. Bon si on finissait cette réparation.

Stefan se mit à rêver, tout en travaillant, du moment où il la reverrait. Il tentait d'élaborer un discours qu'il lui servirait à l'instant où il se trouverait dans la même pièce qu'elle.
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Tytia



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La malédiction des Vladislas [bit-lit] Empty
MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMar 8 Juin - 21:05

La sonnerie retentit pour la dernière fois de la journée soulageant une majorité d'élèves de dernière qui avaient subi pas mal de tests en vue des examens de fin d'année. Kaylie et ses amies ne faisaient pas partie de cette catégorie. Il lui en restait encore un peu plus d'une année avant de quitter cet établissement.
Comme les autres jours, elle retrouva Casey et Sarah à l'extérieur. Elle remarqua tout de suite que quelque chose tracassait cette dernière.
-Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta-t-elle.
-Je m'inquiète pour Drew. Il n'est pas très bien en ce moment mais il ne veut pas m'en parler.
-Pourtant il avait l'air bien à midi.
-Oui, c'est ce que je lui ai dis mais...Intervint Casey.
-Il fait comme si tout allait bien mais je sais que ça ne va pas.
-Pourquoi tu ne nous en a pas parlé plus tôt ?
-Je sais que tu es très amie avec lui et je ne voulais pas t'inquiéter inutilement mais là...
-Quoi ?
-Je ne sais pas. Quand je suis allé le voir tout à l'heure, il m'a semblé vraiment distant.
-Ecoutes, je vais aller lui parler, d'accord ?
-D'accord mais tu devrais attendre la fin de son entraînement.
-Et si vous alliez le voir toutes les deux ? Les questionna Casey.
-Oui, c'est une bonne idée. On pourrait se rejoindre chez lui...
Kaylie ne voyait pas le scénario qui avait été monté de toute pièce par ses amies pour la forcer à se rendre chez Drew. Casey et Sarah savaient que sans un énorme mensonge, leur amie ne s'y rendrait pas de peur de tomber sur son ex.
-D'accord. Je t'attends à la bibliothèque alors.
-Merci. Tu sais si je ne m'inquiétais pas autant...
-Je sais, tu ne me demanderais pas d'y aller. Allez filez à votre entraînement vous allez être en retard.
Sarah vint lui déposer une bise amicale sur la joue avant de rejoindre Casey qui commençait à se diriger vers le gymnase.
Kaylie décida de profiter du soleil printanier avant de se rendre à la bibliothèque. La journée était particulièrement chaude et invitait à en tirer profit. Elle s'étendit alors sur le dos dans un coin de verdure, les bras repliés derrière sa tête. Le soleil lui réchauffait le visage si agréablement qu'elle finit par fermer les yeux et s'assoupir.
Lorsqu'elle se réveilla, elle suait à grosses gouttes. Non pas que la chaleur avait brusquement augmenter mais parce qu'elle venait de faire un rêve horrible. Elle se trouvait dans une forêt sans fin. Une jeune femme était étendue sur le dos et paraissait sans vie mais lorsque Kaylie avait voulu s'approcher d'elle, elle avait ouvert les yeux sans manquer d'effrayer la jeune américaine.
Puis au moment où la femme s'était levé, sa peau avait commencé à se décomposer comme si elle était resté là de nombreux mois ou années attendant que Kaylie vienne la trouver.
-Tu es la seule à pouvoir l'arrêter. Lui avait-elle déclaré.
-Qui ?
-Fais-le avant qu'il ne soit trop tard.
Puis le corps défunt s'était écroulé et Kaylie s'était à cet instant réveillée. Son coeur battait encore à tout rompre et elle se passait sans cesse en boucle les paroles de cette femme que non seulement elle n'avait jamais vu dans se vie mais qui en plus lui avait paru vivre dans une autre époque.
Elle finit par se faire violence pour se remettre les idées en place. Après tout ce n'était qu'un rêve et ils pouvaient se montrer très bizarres parfois. Si on devait s'arrêter à la moindre impression que l'on ressentait après avoir fait un rêve étrange ou un cauchemar, on irait pas bien loin.
Lorsqu'elle fut un peu plus calme, elle décida de se rendre à la bibliothèque. Marcher jusque là-bas l'aiderait sûrement à finir par retrouver ses esprits. Mais plus elle avançait et moins elle ne pouvait s'en décrocher. Les traits de la femme la hantait à présent, tout comme les paroles qu'elle avait prononcé. Elle avait même cette impression qu'elle courrait un danger sans pouvoir dire d'où il provenait.
La bibliothèque était pleine à cette heure-ci. Beaucoup d'élèves venaient y étudier après les cours pour être libre de passer à autre chose lorsqu'ils rentraient chez eux.
Kaylie trouva une place libre. Elle sortit de son sac son livre de géométrie ainsi que son classeur et entreprit d'étudier, en songeant que si elle pensait à autre chose, elle finirait par oublier ce rêve trop étrange dont elle souhaitait effacer le souvenir au plus vite.
Les minutes s'écoulèrent sans qu'elle ne voie aucune amélioration dans son esprit. Alors elle ferma son livre et son classeur qu'elle rangea et décida de se plonger à nouveau dans son livre. Cette histoire de vampires la fit frissonner mais dans le même temps elle en oublia son rêve.
Lorsque Sarah arriva, elle la trouva totalement perdue dans les pages de son roman.
-Tu es prête ? La questionna-t-elle en s'asseyant sur une chaise juste au cas où son amie déciderait de la laisser patienter quelques minutes.
-Oui, c'est bon. Répondit Kaylie en refermant son livre.
Sarah se leva la première pendant que son amie rangeait son livre dans son sac. Puis à son tour, elle se leva.
-Je pense qu'on devrait prendre seulement ma voiture. Lui suggéra Sarah alors qu'elle se dirigeait vers le parking.
-Pourquoi ? Peut-être que tu voudras rester avec Drew ensuite et je ne voudrais pas t'ennuyer à t'obliger de me raccompagner.
Sarah avait espéré que son amie lui dirait oui mais apparemment cette idée ne l'enchantait guère. Elle craignait à présent qu'à l'instant où elle verrait Stefan chez Drew, elle prenne la fuite car son petit-ami l'avait mis au courant de la situation.
-Ok. On se retrouve là-bas alors.
-D'accord.
Kaylie monta dans sa voiture et attendit que son amie ouvre la marche avec la sienne pour la suivre. Elles passèrent plusieurs pâtés de maisons avant de se garer devant celle du petit-ami de Sarah. Kaylie quitta sa voiture la première et vint rejoindre son amie.
-Tu attends quoi pour sortir ?
-Ecoutes, j'ai perdu un truc. Je te rejoins tout de suite, d'accord ?
-Je peux t'aider à chercher.
Cette fois les choses commençaient à paraître de plus en plus bizarres et Kaylie commença à douter des raisons pour lesquelles Sarah avait tenu à ce qu'elle vienne voir Drew.
-J'espère que tu n'es pas en train de me faire un sale coup. Lui reprocha-t-elle.
-Quoi ? Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles. Se défendit Sarah.
-J'en sais rien mais j'ai comme l'intuition que tu ne m'as pas demandé de venir avec toi pour que je parle à Drew. J'espère que Keith n'est pas là sinon, je t'assure, je repars direct.
-Je te promets qu'il n'est pas là.
Elle lui adressa un regard si sincère que Kaylie la crut. Alors elle se dirigea vers la porte d'entrée. Elle aurait juste à expliquer que Sarah arrivait lorsque Drew lui ouvrirait. Elle frappa, s'attendant à prononcer son discours sur son amie d'un instant à l'autre, lorsque la porte s'ouvrit sur Stefan.
-Où est Drew ? S'enquit-elle contrariée.
Certes ce n'était pas Keith mais elle ne désirait plus le voir lui que son ex.
-Il m'a demandé d'aller ouvrir. Entres, si tu veux. L'invita-t-il à le faire en se déplaçant pour lui laisser la place de le faire.
-Non, je crois que je vais plutôt l'attendre ici. D'ailleurs qu'est-ce que tu fais là ?
-Drew m'a invité à venir prendre un verre chez lui. Ecoutes, tu sais pour Kate...
-Je n'ai pas envie d'en entendre parler. Tu fais ce que tu veux de ta vie, ça ne me regarde pas.
-Je ne savais pas que vous détestiez. Si je l'avais su, je n'aurais pas accepté son invitation.
-Pourquoi pas ? Elle est très mignonne, intelligente et je suis certaine qu'elle s'est bien s'y prendre avec les mecs. La preuve, elle a couché avec mon ex.
-Parce qu'elle ne me plaît pas.
-Pourtant vous semblez bien vous amusez tous les deux.
-Peut-être mais je préférerais passer mon temps avec toi. C'est une fille sans intérêt.
-Je ne pense pas que Keith te dirait la même chose.
-Est-ce que tu as l'intention de me reprocher ce que ton ex a fait avec elle ?
Kaylie allait répliquer mais s'en retint à la dernière seconde lorsqu'elle réalisa ce qu'il venait de lui dire. Il avait raison, elle lui reprochait d'être ami avec Kate à cause de Keith. Elle détestait tant cette fille à cause du mal qu'elle avait eu à subir par sa faute qu'elle s'en prenait à tous ceux qui s'approchaient d'elle. D'autant plus, elle devait se l'avouer, elle était jalouse que Stefan passe beaucoup plus de temps avec sa rivale qu'avec elle.
-Non. Finit-elle par répondre en baissant les yeux honteuse de lui avoir fait de tels reproches.
-Je n'irai pas au cinéma avec elle vendredi.
-Pourquoi ?
-Parce que...
Il laissa sa phrase en suspens avant d'ajouter :
-On pourrait peut-être aller se promener un peu. Il fait beau.
Il attendit sa réponse qui ne venait pas jusqu'à ce que Sarah s'immisce dans la conversation.
-Tu devrais y aller. Lui conseilla son amie.
-Tu t'es liguée contre moi, ma parole.
-Vas-y. Je pense que vous devriez parler tous les deux. Vous êtes partis sur de mauvaises bases.
-Kaylie ? La questionna Stefan dont le coeur battait très vite en attendant sa réponse.
-D'accord mais juste parce que Sarah me dit d'y aller.
-Peu importe la raison du moment que tu acceptes.

Sarah les laissa partir et en profita pour entrer dans la maison retrouver son petit-ami.
Stefan et Kaylie marchait en silence sans savoir quoi se dire. Tous deux plongeaient dans leurs pensées respectives. La seule chose qu'ils avaient en commun à cet instant était le tempo plus rapide que la normale de leur coeur en raison de la proximité de la personne qui leur plaisait.
Stefan brisa le silence le premier :
-J'aime beaucoup cette ville.
C'était certes une banalité mais il espérait que cela permettrait d'engager une conversation.
-Oui, elle est chouette.
-Tu es née ici ?
-Non.
-D'accord.
De nouveau une vague de silence les immergea. Ils continuèrent à marcher sans rien dire jusqu'à ils arrivent aux abords d'un parc. Des bancs le jonchaient et d'un commun accord, ils décidèrent de s'y asseoir. Ils restèrent encore muets quelques minutes tout en se jetant des regards discrets.
Kaylie se rendit compte qu'il lui plaisait bien plus qu'elle n'aurait voulu se l'avouer. Elle se mit à s'imaginer qu'il la prenait dans ses bras et venait déposer ses lèvres sur les siennes. Elle s'avoua même que si elle lui avait fait une telle scène au sujet de Kate, ce n'était pas seulement à cause de Keith mais parce qu'elle avait été jalouse de voir le jeune roumain si proche de la présidente des élèves.
Un vent plus frais vint s'abattre sur eux. Kaylie qui ne portait qu'un simple t-shirt en frissonna.
-Tu as froid ? S'enquit le jeune homme.
-Juste un peu.
Il retira alors sa veste qu'il vint déposer sur les épaules de la jeune fille. Il ne savait pas si c'était un bon acte mais il avait vu cette scène des milliers de fois dans des films américains diffusés sur certaines chaines de télévision roumaine.
Elle lui adressa un sourire avant de le remercier et de s'envelopper dedans.
Un agréable parfum se dégageait du vêtement. Elle en apprécia chaque nuance à sa juste valeur tout en fermant les yeux.
-Ca va ? S'inquiéta-t-il.
-Oui...Oui, bien mieux, lui répondit-elle surprise.
-Puisqu'on est là tous les deux, tu veux que je te parle de cette légende.
-Oui. Avec plaisir..
Il se mit à lui conter l'histoire de sa famille sous forme de légende. Il lui appris que trois cents auparavant un puissant sorcier avait retrouvé sa femme morte dans les bois qui longeait le village de Bucova. Le sorcier était devenu fou et avait décidé de venger la mort de la seule femme qu'il avait aimé. C'était hormis son statut du plus puissant sorcier du pays, un vampire, mais très peu de personnes le savait. Sa femme en était une également et il avait très vite fini par retrouver la responsable. Une chasseuse de leur espèce dont le nom terrorisait les membres de son espèce. Il s'était rendu un soir jusqu'au village voisin où il avait trouvé la maison de ladite responsable. Son fils aîné lui avait ouvert la porte. Alors qu'il était parti pour prendre la vie de la chasseuse, une autre idée lui traversa l'esprit à cet instant. Il décida de porter une malédiction sur chaque enfant de cette famille mais il en oublia un. Seuls les trois aînées furent touchés. Quant au dernier, son frère aîné lui offrit le choix de les rejoindre ou non. Il refusa.
-Chaque garçon issue de cette famille devienne des demi-vampires le jour de leur dix-sept ans. Seul le cadet échappe à cette règle. Il a le choix de suivre ses frères ou de rester humain. En Roumanie, les Vladislas terrorise la population. Ils les sentent et fuient dès qu'ils en voient un.
-Tu en déjà vu un ? L'interrogea la jeune fille qui l'avait écouté jusqu'à présent sans l'interrompre.
-Non.
-Est-ce que c'est tout ?
-La légende dit aussi que le dernier Vladislas qui se transformera à l'aube du nouveau millénaire, un dernier-né, sera le plus cruel de tous. Il transformera beaucoup de personnes en vampire avant de commander sa nouvelle armée et de détruire l'humanité.
Un frisson longea le dos de Stefan en pensant au mal qu'il pourrait faire s'il n'était pas capable de se maîtriser.
-Quelle histoire ! Les légendes peuvent parfois faire froid au dos. T'imagines si c'était vrai, cela voudrait dire qu'il ne nous reste que quelques années à vivre.
Ou quelques mois, songea Stefan.
Elle avait montré un peu de peur lorsqu'il lui avait parlé du dernier-né de sa famille mais elle avait vraiment pris son histoire comme une légende ou comme quelque chose écrit par un de ces auteurs qu'elle aimait lire.
-T'as déjà essayé d'imaginer à quoi il pourrait ressembler ce dernier-né ? Lui demanda-t-elle innocemment.
Il lui adressa un sourire avant de lui répondre :
-Non jamais. Et toi comment l'imaginerais-tu ?
-Je ne sais pas. Je pense que ça doit être quelqu'un qui nous fait froid dans le dos quand on le croise. Il doit avoir un tempérament plutôt bagarreur.
Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres de Stefan. Il ne ressemblait en rien à la personne qu'elle décrivait.
-J'ai dit quelque chose ? S'enquit Kaylie devant l'expression amusée du jeune homme.
-Non rien.
Une noouvelle fois le silence s'abattit sur eux mais cette fois, ils ne se quittaient plus des yeux.
Stefan vint ensuite poser son bras autour des épaules de la jeune fille. Il l'avait vu aussi dans ces films qu'il appréciait regarder à la télé. Son coeur se mit à tout rompre tandis qu'il effectuait son mouvement et il crut qu'il allait exploser lorsqu'elle vint se blottir tout contre lui.
Celui de Kaylie n'était pas dans un meilleur état mais elle se sentait si bien dans ses bras musclés qu'elle n'aurait bougé pour rien au monde. Ils restèrent une heure de plus ainsi, discutant de temps à autre de certaines parties de leur passé. Stefan se montrait bien plus bavarde qu'elle et elle apprit pas mal de choses concernant sa vie en Roumanie, même si certaines choses étaient fausses, la majorité se montrait être vrai.
Il apprit seulement d'elle qu'elle vivait seule avec sa mère depuis le départ de son père qui les avait abandonné trois ans auparavant.
Kaylie finit par lui dire qu'elle devait rentrer. Ils retournèrent donc jusqu'à la voiture de la jeune fille en marchant main dans la main.
Lorsqu'il retourna chez lui, Stefan se sentait si heureux qu'il en embrassa son oncle avant d'aller se jeter dans les bras de sa tante. Ils furent tous deux surpris par cette marque d'affection inatendue mais personne ne lui fit de remarque. Samuel se douta toutefois de ce qui pouvait rendre son neveu si joyeux : la jeune fille dont il lui avait parlé. Il se mit alors à espérer que Stefan serait assez fort pour se contrôler.
Le dîner fut servi puis le jeune roumain monta se coucher. Il pensa de longues minutes à Kaylie avant de s'endormir.
Son sommeil fut tout aussi agité que celui de son amie au cours de l'après-midi. Il se trouvait dans une forêt qu'il connaissait que trop bien. Il était chez lui, en Roumanie et cette forêt longeait l'une des habitations principales de sa famille à Bucova.
Il entendit une voix enfantine et se demanda ce qu'un enfant pouvait faire dans cette forêt alors que le soleil décroissait. Aider de la voix, il s'avança jusqu'à laa petite fille qui fredonnait une chanson dont il connaissait les paroles par coeur.
Elle portait de longs cheveux bouclés et ses yeux lui rappelèrent ceux d'une jeune fille qu'il connaissait mais il n'arrivait pas à mettre de nom sur son visage. L'avait-il rencontré ici ou chez lui ?
La petite fille se tourna vers lui avant de se mettre à pleurer.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es perdue ?
-Tu es méchant Stefan. Lui répondit-elle.
Comment cette enfant pouvait-elle connaître son prénom.
-Méchant. Méchant. Méchant. Méchant. Méchant. Répéta-t-elle de longues minutes obligeant Stefan à boucher ses oreilles pour ne plus l'entendre.
-Arrêtes. Lui ordonna-t-il ne la supportant plus.
Il ferma les yeux avec l'espoir de ne plus la voir lorsqu'il les ouvrirait. Au bout de plusieurs minutes, il les ouvrit de nouveau mais cette fois ce n'était plus une enfant qui se trouvait devant lui mais Kaylie. Du sang coulait le long de son cou. Elle le regardait avec cette peur qu'il redoutait un jour voir apparaître dans son regard.
-Regardes ce que tu m'as fait Stefan.
-Non...non... Non, non, non, je n'y suis pour rien.
-Si tout est de ta faute.
-Non, je ne te ferai jamais de mal.
-Regardes-moi. Je vais mourir par ta faute.
Il essaya de s'approcher d'elle mais elle recula.
-Je t'en prie Kay. Ne pars pas, je ne te ferai pas de mal.
-Pourtant c'est ce que tu as fait. Regardes dans quel état tu es.
Stefan jeta un regard sur ses vêtements remplis de sang. Dans un geste machinal, il passa sa main sur sa bouche pour découvrir qu'elle aussi en était couverte. Qu'avait-il fait ?
-Ne t'approches plus jamais de moi, Stefan Vladislas.
Elle disparut de son champ de vision le laissant seul et désemparé. Il s'écroula alors sur le sol, les yeux remplis de larmes de rage, de désespoir et de chagrin. Comment en était-il arrivé là ? Il n'aurait jamais fait de mal à la fille dont il venait de s'éprendre.
Puis il se réveilla. Il passa le reste de la nuit à réfléchir ce que son rêve avait voulu lui faire passer comme message. Etait-ce un simple avertissement ou bien était-ce un rêve prémonitoire ? Il en savait rien mais il se promit de rester éloigner d'elle autant qu'il le pourrait pour n'avoir jamais à la blesser.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMar 8 Juin - 23:58

Une semaine s'était écoulée depuis le fameux rêve de Stefan. Il avait à peine reparler à Kaylie depuis le jour où ils s'étaient retrouvés tous deux assis sur le banc dans l'un des parcs de Wayne.
Le lendemain de ce jour-là, elle était venue vers lui avec un large sourire qui avait fondre son coeur devant un tel rayonnement de beauté. Elle lui avait semblé très contente de le revoir ce qui avait été aussi son cas. Alors qu'il avait désiré par dessus tout la serrer dans ses bras, des fragments de son rêve lui étaient revenus en mémoire.
-Je dois y aller. Lui avait-il alors dit.
Aller où ? Il ne l'avait pas su mais la seule chose qu'il savait c'était qu'il devait mettre de l'écart entre eux. Il ne voulait pas la blesser. Jamais.

Assis à son pupitre au fond de la classe, il la regardait tout en se demandant si un jour, ils se reparleraient. Il savait qu'il y avait très peu de chance pour que ça se produise. Il avait commis une erreur pour l'éloigner de lui qu'il regrettait avec amertume à présent. Il avait accepté l'invitation de Kate.
Il se souvint de ce jour-là, ce vendredi là, deux jours après son rêve. Kaylie était venu le trouver et lui avait demandé une explication sur son comportement. Elle avait l'impression qu'il la fuyait. Il n'avait rien répondu. Qu'aurait-il pu dire ? Je ne peux pas être avec toi parce que je suis un monstre. Elle ne l'aurait sûrement pas cru.
Kate était venu le voir tandis que Kaylie attendait avec impatience sa réponse, en se demandant si elle avait fait quelque chose qui lui déplaisait à moins que ce ne soit Keith qui avait tenté de s'immiscer entre eux. Elle avait trépigné d'impatience pendant qu'il cherchait une réponse adéquate jusqu'à l'arrivée de la présidente des élèves.
Kate s'était placé devant Stefan sans prêter attention à sa rivale.
-Je passe te chercher à 19 heures ce soir. Lui avait-elle déclaré avant de venir lui déposer une bise sur la joue.
Ce coup là, Kaylie ne l'avait pas vu arriver. Elle avait senti des larmes de rage lui brûlaient le regard. Comment avait-il osé après tout ce qu'il lui avait dit, après l'avoir pris dans ses bras, lui faire un coup pareil ?
-Je vois, tu as choisi ton camps. Lui avait-elle alors dit furieuse avant de tourner les talons.
Il l'avait regardé s'éloigner de lui sans réagir. Son coeur lui avait pourtant crier de lui courir après mais sa raison l'avait supplié de ne pas le faire en lui rappelant ce qu'il pourrait se produire si jamais il restait près d'elle.
Quelques heures plus tard, Drew était venu le trouver furieux. Il lui avait fait confiance et avait pensé que le jeune Roumain serait mieux que son meilleur ami pour celle qu'il considérait comme sa petite soeur.
Stefan était en train de ranger ses affaires dans son casier lorsque le petit-ami de Sarah lui avait demandé des explications sur son comportement.
-Tu ne pourrais pas comprendre.
-Il vaudrait mieux pour toi que tu m'en parles. S'était impatienter Drew.
-Je ne peux pas être avec elle parce que... Laisses tomber.
A cet instant, Stefan avait regretté que Cornel ne soit pas auprès de lui. Il aurait pu se confier à lui et lui demander de l'aider. Après tout, même si lui n'avait jamais eu de petite-amie, ce n'était pas le cas de ses frères aînés et ça ne se terminait pas toujours dans un bain de sang.
-Non. Kaylie est comme la petite soeur que je n'ai jamais eu. Celui qui lui fait du mal doit me rendre des comptes.
-Je me suis éloigné d'elle parce que je n'ai aucune envie de lui faire du mal.
-Pourtant c'est ce que tu as fait.
-Ce n'est rien en comparaison de ce que je pourrais faire.
Stefan avait déposé son sac sur son dos et s'était éloigné pour couper court à cette conversation dans laquelle il ne voulait pas s'enliser.

Il regardait à présent Kaylie qui répondait à la question que venait de poser leur professeur. Chaque fois qu'il posait son regard sur elle, il sentait son coeur se briser comme des éclats de verre. Pourtant tout était de sa faute.
-M. Borden avez-vous quelque chose à ajouter à ce que viens de dire Mlle Sawyer ?
La question le surprit. Il ne savait pas quoi répondre car il n'avait pas écouté ce qu'elle venait de dire. Il avait juste entendu le son de sa voix glisser comme une douce caresse sur son oreille. Il sentit tout les regards sur lui mais celui qui lui importait le plus c'était celui de Kaylie qui attendait comme tous les autres une réponse de sa part.
-Non. Rien.
-Pourtant il y aurait des choses à en redire. Avez-vous au moins écouté ce qu'elle a dit ?
-Je n'ai juste rien à dire.
Leur enseignant retourna sur l'estrade d'où il reprit son cours argumentant et réfutant la réponse que venait de donner Kaylie.
Stefan ne l'écoutait pas. Pas plus qu'il n'avait écouté la réponse donné par celle qui faisait battre son coeur, trop perdu dans ce qu'il ressentait. Il sentit son regard sur lui mais lorsqu'il leva les yeux vers elle, elle ne le regardait déjà plus.
A la fin de l'heure, il quitta la salle pour se rendre au self où Kate l'attendrait comme elle le faisait depuis le lundi, deux jours auparavant, qui avait suivi leur sortie.
Elle se trouvait déjà attablée, entourée de ses amies qu'il devait à présent supporter. Il posa son plateau sur la table et sans un mot s'assit sous le regard surpris de la présidente des élèves qui s'attendait à une autre réaction de sa part.
-Et mon baiser, où est-il ? S'enquit-elle.
Il se tourna vers elle pour lui déposer un rapide baiser sur les lèvres.
-C'est tout ? S'enquit-elle en venant enrouler ses bras autour de sa nuque.
Il se défit de son étreinte sans même lui avoir donné ce qu'elle désirait de plus.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je ne suis pas très bien aujourd'hui. Je crois que je vais aller manger ailleurs.
Il se leva, reprit son plateau avant de se rendre sur une autre table. Il avait juste besoin d'être seul.
Kate l'avait suivi du regard sans comprendre. Depuis le vendredi soir, elle pensait que tout allait bien entre eux.
Lorsqu'elle l'avait raccompagné chez lui, elle avait tenté de l'embrasser. Il s'était laissé faire et elle avait pensé qu'il lui était acquis.
Il regrettait à présent tout ce qu'il avait fait. Il regrettait de sortir avec Kate et d'avoir blessé Kaylie car il savait que c'était le cas. Il n'avait pas désiré lui faire du mal et pourtant il lui en faisait chaque jour depuis une semaine.
Il chercha cette dernière du regard. Elle était attablée avec ses maies mais aussi avec Jesse, Drew et Keith. D'ailleurs, elle semblait bien s'amuser avec lui. Il la voyait rire dès qu'il prononçait un mot. Il aurait tout donné pour être à sa place, pour entendre le son de son rire sous les blagues stupides qu'il lui aurait sorties.
Son coeur refusait de la perdre. Alors, après avoir hésité quelques instants, il décida d'aller les rejoindre. Il restait une place de libre. D'ailleurs Jesse lui avait proposé de se joindre à eux s'il le désirait. Il avait décliné son invitation car il savait que Drew ne l'appréciait guère depuis qu'il avait repoussé sa « soeur ».
-Ca vous dérange si je m'assois avec vous ? Leur demanda-t-il.
Drew, Sarah et Casey posèrent leurs regards sur Kaylie. Elle ferma les yeux quelques secondes afin de prendre sur elle.
-Non. Répondit-elle.
Ses deux amies et son frère de coeur surent ce que cela lui coutait d'accepter de le voir s'attabler avec eux.
Kaylie chercha à oublier sa présence parmi eux durant le reste du repas. Elle sentait pourtant son regard sur elle à chaque seconde mais elle ne leva pas le sien un seul instant vers lui. Keith avait également remarqué le comportement du jeune Roumain et il fit tout pour accaparer l'attention de son ex. Ce qui d'ailleurs semblait plutôt bien fonctionner.
-Ca te dit d'aller au cinéma cet aprèm' ? Proposa-t-elle à keith plus dans l'idée de rendre Stefan jaloux que de passer un après-midi avec son ex-petit-ami.
Le jeune homme ravi lui adressa un sourire avant d'accepter.
Une fois qu'elle eut fini de manger, Kaylie s'excusa auprès de ses amis qui traînaient à table comme à leur habitude avant de s'en aller. Elle ne supportait plus la présence si proche du Roumain qui lui avait brisé le coeur.
Dès qu'elle fut assez loin, Keith s'adressa à Stefan.
-Je crois qu'elle a fini par faire son choix.
Stefan le dévisagea dépité avant de répliquer sur un ton neutre :
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Vraiment ? Alors, je suppose que tu n'y voies aucun inconvénient à ce que je ressorte avec elle.
-Non, aucun.
-Ne mens pas Borden. Je ne suis pas aveugle et j'ai bien vu comment tu la matait.
Une certaine tension gagnait peu à peu les deux jeunes hommes. Drew s'interposa entre eux avant qu'ils se lèvent et se mettent à se battre.
Stefan décida qu'il était temps pour lui de partir.
Une fois dehors, il chercha Kaylie des yeux avant de la rejoindre lorsqu'il l'eut trouvée. Elle était assise dans l'herbe, les bras autour de ses jambes repliées. Elle portait son regard sur un point invisible loin devant elle.
-Je peux m'asseoir ? Lui demanda-t-il mal à l'aise.
Elle leva un regard triste vers elle et il n'eut à cet instant qu'un désir, la prendre dans ses bras pour la réconforter.
-Non.
-S'il te plaît. Insista-t-il.
-Non.
Elle n'avait pas l'intention de revenir sur sa décision.
-Keith m'a dit que vous alliez ressortir ensemble.
-Ce n'est pas ton problème. Lui répondit-elle en se levant.
Puis elle se tourna en direction du bâtiment dans lequel elle avait cours dans moins d'un quart d'heure.
Il la regarda s'éloigner en se demandant ce qu'il pourrait faire pour se faire pardonner. Il avait tant besoin d'elle qu'il était prêt à tout. Pourquoi avait-il fallu que ce fichu rêve qu'il n'avait jamais refait depuis se mette entre eux ? Que pouvait-il faire ? La seule idée qu'il lui traversa l'idée à cet instant fut de la rattraper et ensuite, il déciderait une fois face à elle. Il courut alors vers elle sans se rendre compte que Kate le suivait du regard.
-Attends-moi. S'il te plaît Kaylie. Il faut qu'on parle. Lui dit-il lorsqu'il fut presque à sa hauteur.
Elle s'immobilisa et attendit qu'il se place devant elle.
-Je crois que... je te dois des explications.
-Non ? Tu crois ?
-Je sais que tu m'en veux.
-C'est peu de le dire.
-Je ne voulais pas te blesser.
-Pourtant c'est ce que tu as fait et ce que tu continues de faire en venant me harceler à présent que tu sors avec Kate. Je ne te connais pas mais j'avais confiance en toi.
-C'est pour ça que je devais m'éloigner de toi.
-Parce que je te fais confiance ? S'enquit-elle incrédule.
-Tu... Tu ne me connais pas. Tu ne sais rien de moi.
-Je sais que tu es né ici et que tu as grandi en Roumanie. Je sais que tu as mon âge. Je sais que tu t'appelles Stefan Borden et que tu vis chez ton oncle en ce moment parce que tu as voulu connaître le pays dans lequel tu es né. Je sais que tu as un accent irrésistible, que tu as des yeux qui font craquer toutes les filles du lycée. Je sais que tu es quelqu'un d'adorable mais que tu n'avais pas ou peu d'amis en Roumanie. Je sais que tu es quelqu'un de très doué en cours même si tu as quelques difficultés à comprendre certaines de nos nouvelles expressions. Dis-moi à présent ce que je ne sais pas sur toi.
-Beaucoup de choses que je ne pourrais jamais te dévoiler. Tu ne peux pas me faire confiance Kaylie. Je ne suis pas celui que tu crois.
-Dans ce cas, si je ne peux pas te faire confiance, on n'a plus rien à se dire.
-Kaylie...
Elle le contourna afin de reprendre son chemin vers le lycée.
-Kaylie ? S'il te plaît, attends.
Elle se tourna vers lui, furieuse. Elle croisa les bras sur sa poitrine pour lui montrer son impatience et sa colère.
-J'ai besoin de toi, Kaylie. Je ne veux pas te perdre.
-Tu as besoin de moi, tu ne veux pas me perdre mais tu sors avec la fille que je déteste le plus ?
-C'était une erreur. Je cherchais juste à t'éloigner de moi.
-J'espère que tu as obtenu le bon résultat dans ce cas ?
-Non.
-Non ?
La sonnerie leur annonçant qu'ils devaient se rendre en cours retentit à cet instant.
-Je devrais aller en cours. Lui annonça-t-elle.
Il la saisit par le poignet pour l'empêcher de se rendre dans le bâtiment. Puis il attendit quelques secondes afin de s'assurer d'être seul avec elle.
-Lâche-moi. Je vais être en retard.
Elle chercha à se débattre mais il maintint une pression ferme sur son poignet pour ne pas qu'elle lui échappe.
Dès qu'il fut certain qu'il n'y avait plus aucun élève, il s'approcha d'elle tout en posant sa main en coupe sur l'une de ses joues.
-A quoi tu joues ? Lui demanda-t-elle même si elle en connaissait déjà la réponse.
Il rapprocha son visage un peu plus près du sien. Elle pouvait sentir son souffle tout contre sa bouche. Elle aurait pu le repousser et s'enfuir mais ses lèvres l'hypnotisaient.
Enfin il vint s'enquérir de sa bouche. Il lui donna un baiser tendre, rempli des sentiments qu'il ressentait pour elle.
-Pourquoi as-tu fait ça ? Le questionna-t-elle lorsqu'il cessa de l'embrasser.
-Parce que j'en avais envie.
-Est-ce que tu te rends compte du mal que tu me fais ?
-J'essaye de m'éloigner de toi depuis une semaine mais je n'y arrive pas. Chaque fois que je ferme les yeux, c'est ton visage que je voies. Mon regard se porte sans cesse vers toi. Je crois que je suis amoureux de toi.
-Mais...
-J'aimerai tellement pouvoir rester loin de toi.
-Pourquoi ? Pourquoi veux-tu tant t'éloigner de moi ? Est-ce que j'ai fait quelque chose...
Il posa son doigt sur sa bouche pour lui intimer le silence.
-Tu n'y es pour rien. C'est juste moi.
-Dis-moi ce que tu me caches Stefan Borden.
-Je ne peux pas.
-Pourquoi ?
-Parce que j'ai peur que si je le faisais, tu ne me regarderais plus de la même manière.
-Tu dis n'importe quoi. Tu peux faire confiance, tu sais ?
-Oui, je sais mais pour le moment, je ne peux pas t'en dire plus. Je te promets que je le ferais un jour. J'aimerais que tu me fasse une promesse ?
-Laquelle ?
-Promets-moi de ne jamais me faire confiance.
-Stefan, tu t'entends parler ? Lui demanda-t-elle surprise.
Elle ne comprenait pas pourquoi il désirait tant qu'elle ne lui fasse pas confiance. Elle se demanda un instant qu'elle était ce secret qu'il tenait tant à lui cacher et pour lequel il refusait sa confiance. Etait-il un criminel qui avait fui la Roumanie ? Elle aimait beaucoup les garçons qui gardaient une part mystérieuse de leur personnalité mais elle ne put pas s'empêcher toutefois de frissonner en s'imaginant qu'il avait pu commettre un crime.
-Promets-moi le, s'il te plaît.
-D'accord.
-Et promets-moi aussi de ne jamais faire confiance à un Roumain même s'il se montre très sympa avec toi.
-Là, c'est un peu trop tard. Manole a toute ma confiance. Mais Stefan tu m'inquiètes vraiment. Dis-moi ce à quoi tu penses.
-Je ne peux pas et pour le barman, ce n'est pas grave si tu lui fais confiance. Je sais qu'il ne te fera jamais de mal. Je l'ai vu dans son regard. Il est prêt même à te protéger.
-Hormis toi et lui, je n'en connais pas d'autres.
-Pas pour le moment.
Stefan n'avait pas trop su pour quelles raisons, il s'était senti obligé de lui demander cette dernière requête, hormis son intuition qui l'avait poussé à le faire. Mais à présent, il commençait à comprendre. Quelqu'un rôdait tout près d'eux. Il pouvait le sentir, lui son frère qui le pousserait à rejoindre les siens. Tout son être le poussait rejoindre celui dont le même sang que le sien coulait entre ses veines. Les Vladislas étaient ainsi. Leur sang les unissait même en cas de différent. Ils ne pouvaient pas vivre les uns sans les autres sauf les derniers-nés. Mais Stefan était différent de tous les cadets nés au sein de sa famille.
-Promets-le moi. La supplia-t-il.
-D'accord, je te le promets. Mais tu es bizarre. Tu es sûr que ça va ?
-Oui. On devrait aller en cours maintenant.
-D'accord.
Il lui prit la main et l'entraîna à la hâte à l'intérieur du bâtiment. Dès qu'il fut sûr qu'elle était en sécurité dans sa salle de cours, il ressortit à la recherche de son frère.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMar 8 Juin - 23:58

Il le trouva sans problème. Assis sur les marches qui menaient à l'entrée du bâtiment, son frère l'attendait. Il avait ressenti la présence de Stefan dans son dos mais ne tourna le tête vers lui qu'à l'instant où son cadet prononça son prénom.
-Bogdan !
-Ca fait plaisir de te voir aussi p'tit frère.
-J'aurais dû me douter que c'était toi.
Stefan descendit l'escalier pour venir se placer en contre-bas de son frère qui finit par se lever pour se mettre à la même hauteur que son cadet.
-Qui d'autre ? Ironisa le plus âgé.
Stefan aurait préféré voir Cornel.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Tu n'en as pas une petite idée ? Je suis certain que si. Enfin j'espère que tu ne t'attendais pas à voir Cornel. Il ne viendra pas. Dorin ne lui a pas permis de faire le voyage avec moi.
-Pourquoi pas ?
Bogdan souffla exaspéré des questions de son frère. Etait-il si idiot qu'il ne comprenait jamais rien à rien ?
-Cornel et toi êtes un petit peu trop proche, vois-tu ? Et Dorin a pensé qu'il ne nous serait pas très utile.
Les derniers mots prononcés par son ainé eut pour effet de faire frissonner Stefan. Etait-il arrivé quelque chose à Cornel ?
-Non, ne t'inquiètes pas. Il va très bien. Répondit-il à sa question muette.
Il avait oublié que ses frères, depuis leur métamorphose, avait ce don de lire en lui comme dans un livre ouvert. Ce n'était certes pas leur seule capacité mais c'était celle qui avait toujours ennuyé le plus le plus jeune d'entre eux.
-Ce qui n'est pas le cas de notre chère mère. Sembla utile d'ajouter Bogdan.
Le sang du cadet bouillit dans ses veines. Ses mains se crispèrent sous l'effet de la colère. Que lui avaient-ils fait ?
-Elle est morte. Ajouta-t-il.
Cela n'avait pas l'air d'affecter Bogdan qui à présent affichait un rictus qui rendit fou Stefan.
-Elle avait un goût exquis. D'ailleurs, je dois admettre que c'est vraiment dommage qu'il s'agissait de notre mère sinon je l'aurai bien gardé avec moi pour me délecter de son sang chaque jour.
Stefan secoua la tête hargneux. Il avait envie de se jeter sur son frère mais il savait pertinemment que la bataille était perdu d'avance. Alors il s'en retint.
-Si au moins, elle nous avait dit où tu te trouvais, elle aurait peut-être encore la vie saine.
Stefan comprenait à présent que sa mère avait emporté son secret dans sa tombe. Elle l'avait fait pour lui, pour qu'il puisse vivre la vie qu'il entendait. Des larmes de rage mais aussi de chagrin lui brouillèrent la vue mais il s'abstint de pleurer en la présence de son aîné. Il ne devait pas perdre la face devant lui.
-Qu'est-ce que tu veux ? Demanda le cadet en lançant un regard de défi à son frère.
-Tu le sais. On veux que tu nous rejoigne.
-Jamais de la vie.
-Ce n'est pas la réponse que je voulais t'entendre dire.
-Tu aurais préféré que je te dise : d'accord, pas de problème, vas-y , donne moi du sang que je devienne un monstre comme vous.
-Oui, ça aurait été beaucoup mieux. A part le terme monstre qui me dérange un peu. Et puis tu sais tout autant que moi que tu ne seras jamais comme nous... Tu seras pire que nous.
-C'est pourquoi ça n'arrivera pas.
Bogdan se mit à tourner autour de son frère comme un prédateur autour de sa proie.
-Arrêtes de faire ça ! S'emporta Stefan qui commençait à perdre patience devant son aîné.
-Faire quoi ?
-Tourner autour de moi comme si tu t'apprêtais à me bondir dessus d'un instant à l'autre. Je ne suis pas une proie avec laquelle tu peux te nourrir. Le sang qui bat dans mes veines est le même que le tien. Nous ne pouvons pas nous nourrir les uns des autres.
-Là-dessus, tu as raison. Si je goûtais ton sang, j'en mourrais. C'est pourquoi je ne le ferai jamais. Je cherchai seulement à trouver une faille pour lire dans tes pensées dont tu m'as bloqué l'accès depuis que j'ai répondu à ta petite question mentale.
A l'instant où il s'était rappelé que ses frères pouvaient lire en lui, Stefan avait bloqué l'accès à ses pensées. Depuis quelques mois, il avait réussi à trouver une technique qui lui permettait de ne plus être violé dans l'intimité de son esprit. Il pensait à plusieurs choses incohérentes à la fois et cela semblait avoir plutôt bien fonctionner jusqu'alors.
-Tu n'en trouveras pas.
-Vraiment ? Comment s'appelle ta petite-amie déjà ?
Bogdan se gratta le menton quelques secondes comme s'il cherchait à se souvenir du prénom de la jeune fille dont son frère était tombé amoureux.
-Ah, oui ! Je me souviens. Kaylie. Ce n'est pas ça ?
Comment avait-il réussi à deviner ? Stefan avait tout fait pour éviter de penser à elle car il savait qu'il la mettrait en danger si jamais Bogdan apprenait les sentiments qu'il éprouvait pour elle.
-D'ailleurs, je vous ai aperçus tous les deux. Je dois admettre que tu as tiré un très beau lot. Elle est très mignonne.
Le ton employé par Bogdan pour le déstabiliser l'irriter au plus haut point.
-Je te conseille de ne pas t'approcher d'elle...
-Sinon quoi ?
Bogdan lui lança un défi à travers son regard avant d'ajouter :
-Tu vas me tuer ?
-Oui.
-Alors tu seras obligé de te transformer pour le faire. Sans ça, tu ne pourras même pas me toucher.
-Je trouverai un moyen.
-Il n'y aucun moyen de nous tuer et tu le sais.
-Il y en a forcément un. Celui qui a tué papa l'a bien trouvé lui.
-C'est beau l'espoir. La seule chose que tu ne sais pas au sujet de papa, c'est qu'il s'est tué lui-même en buvant le sang de son frère.
-Alors je te forcerai à avaler le mien.
-Encore faudrait-il que tu puisses le faire ? Tu n'en as pas la force, p'tit frère. Rien ne pourra m'arrêter. D'ailleurs, je pense que je vais tenter ma chance auprès de Kaylie. Elle me plait bien.
Stefan pouvait admettre que sa mère était morte même s'il en éprouvait du chagrin mais il savait que c'était des choses qui arrivaient dans leur famille. Ce n'était d'ailleurs pas rare que la mère, humaine de nature, perde la vie lorsque son premier fils mutait. Mais Kaylie... Non, son frère n'avait aucun droit de s'approcher d'elle. Il en était amoureux. Elle lui appartenait. Dans leur famille, ces choses-là devaient être respectés. Il se doutait même que Dorin ne s'en serait jamais pris à elle mais Bogdan se fichait complètement de faire du mal à son cadet à cause de la rivalité qui les dessoudait depuis la naissance du plus jeune.
Stefan se tourna un instant pour ne plus avoir à faire face à son ainé. Il cherchait à retrouver son calme mais ce fut l'inverse qui se produisit. La haine s'empara de lui circulant à travers ses veines comme un liquide brûlant qui irradiait tout son être. Lorsqu'il se retourna vers Bogdan, il abattit son poing sur sa joue.
Le coup d'une telle violence aurait mis à terre n'importe quel homme, même le plus robuste d'entre eux, mais Bogdan ne ressentit que quelques picotements sur sa joue. Il se massa la mâchoire l'espace d'un instant, plus pour accuser le coup qu'à cause de la douleur, avant de jeter un regard meurtrier à son cadet.
-Tu n'aurais pas dû faire ça.
Stefan pouvait lire à travers son regard la colère qu'il avait fait naître en son frère. La même haine coulait à présent dans leurs veines respectives. Mais Bogdan était plus fort que lui. Il porta une main autour du cou de son frère et le souleva comme s'il s'était agi d'une simple formalité. Le poids de son cadet ne lui pesait pas plus qu'un livre.
-Ne t'avise plus jamais à porter la main sur moi, Stefan Vladislas. Tu n'es pas encore taillé pour me battre. Tu ne l'as d'ailleurs jamais été.
Et comme Stefan n'avait été qu'un caillou, il le lança à plusieurs mètres. Il retomba douloureusement au sol. Un simple humain en serait mort mais Stefan était un Vladislas. Sa constitution lui permettait de supporter bien plus que n'importe quel autre homme.
Bogdan s'approcha et s'accroupit à côté de son frère qui cherchait à s'asseoir malgré la douleur ressenti dans tous son corps.
-Tu n'aurais pas dû m'énerver Stefan. A présent, je suis vraiment en colère. J'ai bien envie de m'amuser un peu avec ta petite-amie. Je suis d'ailleurs certain qu'elle a un goût exquis. Nous autres Vladislas ne tombons amoureux que des filles dont le sang a ce parfum si délicat, si raffiné qu'ils nous rendraient fou. Je ne crois pas que tu échappes à cette règle, p'tit frère.
Non, il n'échappait pas à la règle. Aucun membre de sa famille n'échappait à cette règle. Même les cadets se sentaient irrémédiablement attiré par les femmes dont le sang se révélait être un des plus doux et délicieux nectar à leur narine même si la pour la plupart d'entre eux n'en avaient pas conscience. Il s'en était rendu compte lorsqu'il avait failli se jeter sur sa tante puis sur la fille de leur amie. La première avait un parfum bien plus prononcé, bien plus attirant que la seconde. N'importe quel homme de sa famille se serait damné pour s'en délecter.
Bogdan se releva et commença à se diriger en direction du lycée lorsque Stefan lui lança :
-Ne t'approche pas d'elle.
L'ainé se retourna vers son frère et avec un regard à glacer le sang de n'importe quel humain, il lui répondit :
-Je vais aller m'inscrire dans ce lycée et m'arranger pour avoir les mêmes cours qu'elle.
Le plus jeune savait que son frère y arriverait sans problème. Il possédait ce don comme tous les autres demi-vampires de sa famille pour hypnotiser les gens et les faire agir contre leur gré sans qu'il s'en rende compte.
-Non ! Hurla Stefan en abattant son poing avec violence dans l'herbe fraîche tout près de lui.
Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir arrêter son aîné mais il n'en avait pas la capacité. Et même si son frère était resté humain, il n'aurait pas pu le battre. Il n'avait jamais eu sa force. Est-ce que cela changerait s'il devenait l'un des leurs ? L'espace d'un instant, l'idée lui effleura l'esprit. Certes, il pourrait protéger Kaylie de son frère s'il se transformait mais pourrait-il la protéger de lui-même ? Son rêve refit surface sans qu'il s'y attende. Non, si jamais il se métamorphosait, il la blesserait lui-même. Il ne pouvait pas admettre cette idée. Qu'allait-il faire ? Comment allait-il pouvoir se battre contre son aîné sans devenir celui que Dorin souhaitait le voir devenir. Bogdan n'avait aucune envie de le voir muter en vampire. Il le savait. Il savait qu'il agissait simplement sous les ordres de leur aîné. Toutefois, il avait conscience que Bogdan ne reculerait devant rien pour obéir à Dorin. Jamais, il ne l'aurait contrarié de peur de perdre son estime et sa confiance.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMer 9 Juin - 14:51

Stefan venait de rentrer chez son oncle. Il aimait le calme qui y régnait. Il se dirigea dans le salon où il s'installa confortablement dans le canapé blanc. Il cherchait à s'apaiser avant l'arrivée de sa tante et de Samuel. Dès que ce dernier serait rentré, il aurait besoin de parler avec lui et il savait déjà que la conversation l'énerverait. Rien que de penser à son frère, il sentait son sang bouillir entre ses veines.
Il se demandait sans cesse où était Bogdan. Il craignait déjà que ce-dernier se trouve auprès de Kaylie. Peut-être l'avait-il suivi jusqu'à chez elle ? Peut-être était-il en train de lui parler en ce moment même ou pire ? Rien qu'à l'idée qu'ils pouvaient être ensemble, il serra les poings si forts que ses phalanges en blanchirent. Il aurait tout donné pour être auprès d'elle mais s'il l'avait fait, il en serait sûrement venu à l'inquiéter inutilement.
Il s'empara machinalement de la télécommande de la télévision à écran plasma que possédait son oncle. Dans un geste automatique, il l'alluma avant de zapper sur toutes les chaînes possibles. Un bon film, voilà ce dont il avait besoin à cet instant. Cela lui permettrait de ne plus penser, d'oublier peut-être même jusqu'à la présence de son frère dans la ville où il avait élu domicile pour se protéger de ses ainés.
Pourquoi ne lui fichait-on pas la paix ? Il était certes celui supposait amener à détruire l'humanité mais il était le cadet de sa famille. Il avait donc le choix d'endosser ou non une nouvelle vie. Celle d'humain lui suffisait, alors pourquoi aurait-il dû en changer ?
Il finit par tomber sur une série qui l'intéressa un peu. Cela l'aida à s'apaiser en attendant le retour de son oncle qui ne tarda pas.
-Déjà là ? S'enquit Samuel en découvrant son neveu dans le salon.
Stefan se leva à l'instant même où il entendit la voix de son oncle.
-Je pensais que tu passerai la fin d'après-midi avec ta petite-amie.
-Je dois te parler, oncle Samuel.
Devant le visage si sérieux de Stefan, il comprit que cela était grave. Toutefois, il se douta de la tournure de leur conversation.
-Suis-moi dans mon bureau.
Stefan emboîta le pas à son oncle jusque dans le bureau qui jouxtait le salon. La pièce était suffisamment spacieuse pour accueillir jusqu'à six hommes sans qu'il ne se sente trop à l'étroit. Sur le mur était accroché des photos de famille... Enfin des photos de la famille de sa femme car Samuel avait tenu à oublier les siens jusqu'au jour où sa belle-soeur l'avait contacté en le suppliant de bien vouloir accueillir son fils, « son bébé », comme elle l'appelait. Il avait alors accepté.
Stefan referma la porte, jeta un coup d'oeil sur les photos murales avant d'aller prendre place dans un des fauteuils en cuir derrière le bureau. Samuel s'assit dans le sien. Il se saisit d'un article de journal qu'il avait rangé dans un des tiroirs et le tendit à son neveu.
-Est-ce de ça dont tu veux me parler ?
Stefan parcourut l'article des yeux. Il mentionnait qu'une jeune femme avait été retrouvé aux abords de la ville attaqué par une espèce d'énorme animal : un puma ou un ours. Elle se trouvait actuellement à l'hôpital dans un état non critique mais elle ne se souvenait pas de ce qu'il s'était passé. Pour le jeune Roumain, c'était un procédé classique de sa famille. Ils laissaient leur proie en vie la majorité du temps sauf quand il perdait le contrôle d'eux-même. Puis ils les hypnotisaient afin d'effacer ce souvenir de leur mémoire. Quand les victimes se réveillaient la plupart du temps, elles ne se souvenaient de rien. En Roumanie très peu de victimes rentraient à l'hôpital pour ce genre d'attaque car peu d'entre elles étaient retrouvées. Après avoir été attaquées, elles restaient de longues heures à l'endroit même où on les avait vidé d'une grande partie de leur sang jusqu'à ce qu'elle se sente apte à retourner chez elle.
-Depuis quand es-tu au courant ? S'enquit Stefan contrarié que son oncle ait pu lui cacher une telle découverte.
-Hier soir. Elle a été admise à l'hôpital St James durant mon service. Le médecin qui s'est occupé d'elle, un de mes seuls amis qui connaît mes origines, est venu me trouver pour me montrer les marques qu'elle portait dans le cou. J'ai cru jusqu'à ce que je rentre ici que tu en étais à l'origine mais...
-Tu pensais que j'avais pu faire ça ! Gronda-t-il en se relevant avec fracas.
Il arpenta la pièce de long en large. Comment son oncle avait-il pu croire qu'il en était à l'origine ?
-Calmes-toi Stefan ! Essaie au moins de me comprendre. Je pensais que nous étions les deux seuls Vladislas aux Etats-Unis...
-Tu me fais si peu confiance pour croire que je puisse en être à l'origine ?
-Ce n'est pas ça.
-Alors quoi ?
Samuel baissa les armes.
-C'est vrai. J'admets. Je ne te faisais peut-être pas assez confiance mais j'ai vite compris que ce n'était pas toi.
-Quand ? Quand l'as-tu compris ?
-Quand je suis rentrée et qu'Annia m'a dit que tu avais passé la soirée avec elle. Je sais que j'ai eu tort de ne pas te faire confiance, je comprends que tu puisse être furieux après moi à cause de ça mais je t'en prie, rassis-toi. Je pense que nous avons vraiment besoin tous deux de parler de ce qui se passe.
Stefan obéit à son oncle. Après tout, il ne pouvait pas se battre contre tous les membres de sa famille. Samuel était son seul allié ici et il devait pouvoir s'appuyer sur lui en cas de problème.
-Bogdan est en ville. Lui annonça-t-il.
Samuel se souvint de Bogdan. Il avait vu une seule fois alors que Stefan n'était pas encore né mais il avait su que cet enfant serait le plus difficile à maitriser. Déjà bébé, il montrait un fort caractère et n'hésitait pas à mordre ses frères quand quelque chose ne lui plaisait pas. Son côté vampirique était ressorti dès sa naissance alors que pour la majorité d'entre eux cela ne se révélait que peu de temps avant leur dix-septième anniversaire. Personne avait su pour quelles raisons, sa seconde nature se dévoilait déjà à lui.
-Et il a l'intention de s'en prendre à Kaylie.
-Kaylie ? S'étonna Samuel qui entendait ce prénom pour la première fois.
-Ma petite-amie. Lui précisa-t-il.
-Je croyais que tu sortais avec...
Samuel se gratta le front, une manie qu'il avait depuis les bancs de la faculté, lorsqu'il ne se souvenait plus d'un détail.
-Kate ? L'aida son neveu.
-Oui.
En quelques mots, il lui raconta toute l'histoire. Samuel comprit alors que Kaylie était la première fille dont lui avait parlé son neveu.
-Pourquoi s'en prendrait-il à elle ?
-Il nous a vu ensemble et il sait que je tiens à elle. Il sait aussi à quel point ça me rend furieux rien qu'à l'idée qu'il puisse s'approcher d'elle et que je serais prêt à n'importe quoi pour l'éloigner de lui.
-Vraiment n'importe quoi ? S'enquit son oncle avec une pointe d'inquiétude dans le ton de sa voix.
Stefan réfléchit quelques secondes à ce qu'il ferait si jamais il apprenait que Bogdan n'avait ne serait-ce qu'effleurer Kaylie. Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines et il s'imagina déjà en train de le tuer. Toutefois, il savait que pour cela, il avait besoin d'être plus fort que lui, ce qui signifiait qu'il serait obligé de se métamorphoser. Mais il était prêt à le faire si jamais Kaylie courrait le moindre danger.
Honteux de la réponse qu'il avait obtenu, il baissa le regard un instant.
-Stefan ! Le rappela son oncle.
Il leva les yeux vers lui. Le silence qu'il gardait se montra être pire pour son oncle que tous les mots qu'il aurait pu lâcher.
-Tu ne dois pas le laisser jouer avec toi. Il va sûrement utiliser Kaylie contre toi mais tu dois être plus fort que lui et lui montrer que ça ne t'atteint pas.
-J'aimerais bien te voir à ma place. Comment réagirais-tu s'il s'en prenait à ma tante ?
-Ecoutes, on ne parle ni de moi ni de ta tante mais de toi et de Kaylie. Tu peux toujours la mettre en garde contre lui...
-Elle ne me croirait pas.
-Pourquoi pas ?
-Si je lui dis que c'est un Vladislas, elle ne me croira pas.
-Pourquoi ?
-Parce que je lui ai menti. Je lui ai dit que ce n'était qu'une légende.
-Alors dis-lui la vérité. Dis-lui qui elle est réellement.
-Mais si elle se met à avoir peur de moi ?
-Serait-ce un mal si elle s'éloignait de toi ? Ton frère ne s'en prendrait plus à elle.
Stefan ferma les yeux. Son oncle avait raison. Il devait lui dire la vérité. Toute la vérité mais il ne savait pas comment s'y prendre.
Son téléphone sonna. Il regarda le nom affichait sur l'écran : Kaylie. Il avait l'occasion de lui dire à présent mais il ne s'en sentait pas encore capable. Il garda les yeux fixés sur le nom jusqu'à ce que son oncle lui demande s'il avait l'intention de répondre.
Il se leva alors, quitta le bureau avant de décrocher.
-Allô !
-Salut. Je pensais qu'on se verrait après les cours mais...
-Je suis désolé. J'avais un truc à faire. Tout va bien ?
-Oui. Pourquoi ?
-Non, rien. Juste comme ça.
-On se voit demain en cours alors ?
-Oui.
Elle raccrocha avant qu'il n'est eu le temps de trouver le courage pour lui dévoiler la vérité.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMer 9 Juin - 14:52

Le jour avait laissé place à la nuit. Personne savait que dehors certaines créatures prenaient vie, hormis Stefan et son oncle qui s'attendaient à découvrir une nouvelle attaque d'animal dans la presse du lendemain.
Kaylie avait dîné avec sa mère, terminait ses devoirs avant d'aller prendre une douche relaxante. Puis elle s'était couchée. Le sommeil l'avait vite rattrapée. Après plusieurs heures d'un repos tranquille, elle se mit à rêver de nouveau.
D'abord simple esprit, elle avait survolé un village qui ne ressemblait en rien aux villages qu'elle connaissait. Elle s'était rapproché de la pancarte indiquant l'entrée de la ville. Le nom qu'elle y avait lu ne lui parlait pas. Elle n'était pas aux Etats-Unis. Elle ne savait toutefois pas où elle pouvait se trouver.
Une voix, presque suppliante, l'attira dans une forêt toute proche. Ce fut à cet instant que son corps se matérialisa. Elle avançait avec précaution parmi ces arbres tous plus hauts les uns que les autres. Quelque chose de terrifiant en émanait. Une peur irrationnelle la saisit alors.
La voix s'éleva un peu plus fort comme si elle s'impatientait. Alors Kaylie hâta un peu le pas. Elle se trouva la minute suivante devant la femme qu'elle avait vu au cours de son premier rêve étrange peu de temps auparavant.
-Tu dois l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. La supplia la jeune femme.
-Qui ? Qui dois-je arrêter ?
Kaylie n'en mener pas large. Ses rêves étaient vraiment étranges en ce moment. Pourtant quelque chose en elle la poussait à croire que ce n'était pas que de simples songes. C'était comme si un esprit avait cherché à l'emmener dans un autre endroit à un autre temps pour lui transmettre un message qui concernait bel et bien la réalité.
-Le destructeur, celui qui donnera le pouvoir aux vampires. Arrêtes-le avant qu'il ne soit trop tard.
-Mais...Mais comment saurais-je que c'est lui ?
-Tu le sauras. Son nom est gravé en toi. A toi de le trouver.
Génial ! Songea Kaylie. J'adore vraiment les énigmes.
-Comment pourrais-je l'arrêter ?
-Je ne sais pas. Je sais simplement que tu es celle qui pourra tout arrêter.
-Et vous qui êtes-vous ?
-Je me nomme Adrianna. Tout a commencé à ma mort.
-Quoi donc ?
-Je ne peux pas t'en dire plus. J'en suis désolée. Je peux juste te dire que je ne l'ai jamais voulu. J'aime trop les humains les vois se faire tuer les uns après les autres.
Kaylie ne comprenait rien. Chaque parole prononcée restait une énigme qui l'angoissait de plus en plus.
Elle allait poser une énième question lorsque le paysage se métamorphosa. Elle reconnut aussitôt l'endroit où elle se trouvait. Une forêt aux abords de Wayne. Elle s'y rendait souvent l'été. Si on s'y enfoncé, on trouvait un magnifique lac dans lequel elles avaient passé de nombreuses heures à se baigner et à s'amuser.
Kaylie se demanda un instant ce qu'elle y faisait avant de s'y avancer. Elle entendit des voix au loin qui s'exprimait dans une langue qu'elle ne connaissait pas mais leur accent lui rappelait beaucoup celui de Manole et de Stefan. Son coeur accéléra son tempo en pensant que ce-dernier pouvait s'y trouver. Elle hâta le pas dans l'espoir de l'y trouver mais à quelques mètres seulement de l'endroit d'où lui parvenaient les voix, elle s'arrêta net.
Quelqu'un l'épiait. Elle le sentait. Tout son être l'appelait à être prudente. Elle n'osait même plus bouger face à ce danger invisible. Elle tourna sur elle-même en guettant le moindre mouvement qui aurait pu l'alerter. Les feuilles bougèrent sous l'effet d'une légère brise. Kaylie en sursauta.
-Kaylie ?
Elle se tourna en direction de celui qui venait de l'interpeller. Elle aurait reconnu sa voix entre mille. Cette voix qui chantait avec un accent si sexy qu'elle s'en émouvait à chaque fois que Stefan prononçait un mot.
Elle remarqua tout de suite qu'il avait changé. Ses yeux ne portaient plus cette couleur qui lui faisait songer que chaque fois qu'elle y plongeait les siens, elle se retrouvait sous l'océan. Ils brillaient d'un mélange de jaune et de vert. Ses pupilles s'étaient rétrécis. Elles ressemblaient à présent à celle d'un chat la nuit. Sa bouche était couverte d'un liquide rouge. Elle espéra qu'il s'agissait seulement du nectar de quelques fruits des bois qu'il aurait avalé.
-Kaylie, tu ne devrais pas rester ici. Lui conseilla-t-il.
Elle essaya de s'approcher de lui mais il reculait en même temps.
-Stefan... Pourquoi...
-Va t'en ! La coupa-t-il sèchement.
Elle le regarda sans comprendre. Il commençait à lui faire peur. Pourquoi ses yeux s'étaient-ils ainsi métamorphosés ? Pourquoi ne voulait-il pas qu'elle s'approche de lui ?
-Je t'en prie, va-t'en. Dégages. Tout de suite.
Tandis qu'il avait prononcé ces quelques mots, il avait jeté dans le même temps des coups d'oeil par dessus son épaule comme s'il craignait que quelqu'un soit tapi dans l'ombre d'un arbre.
-Tu ne peux pas rester ici. S'ils arrivent, ils te trouveront et ils s'en prendront à toi. Ils savent qui tu es et ce que tu peux faire.
-Qui ?
-Mes frères.
-Je te croyais fils unique ?
-Je t'ai menti. Fais-moi confiance. Pars tout de suite.
Elle s'apprêtait à lui obéir lorsqu'elle vit une ombre bougé avant de se matérialiser sous ses yeux. C'était un homme de haute stature. Il devait avoir un peu moins de trente ans. Un autre suivi d'un troisième vint se placer au côté du premier.
-Alors c'est elle ? S'enquit le plus vieux d'entre eux.
Stefan se plaça devant lui pour s'interposer.
-Ne t'approches pas d'elle. Lui ordonna-t-il.
Le premier ne se laissa pas démonter par la remarque du plus jeune. Avec une force qui surprit Kaylie, il l'expédia à plusieurs mètres de lui.
Elle comprit aussitôt le danger qu'elle encourait avec ces hommes dotés d'une force surnaturelle. Paniquée, elle tourna les talons et se mit à courir jusqu'à ce qu'elle se heurte à un mur de béton. Elle s'immobilisa, resta plusieurs secondes les yeux fixés sur ce torse avant de relever très lentement la tête vers celui qui se trouvait devant elle.
Elle vit en premier son sourire qui lui offrait une vue sur ses canines acérées puis elle découvrit un regard qui la terrifia. Un regard de prédateur prêt à bondir sur sa proie.
Elle avala sa salive avec difficulté. Ses jambes ne la soutenaient à peine. Elle se demanda pourquoi elle n'avait pas obéi plus tôt à Stefan. A présent, qu'allait-il lui arriver ?
Elle recula d'un pas tout en essayant de réfléchir à une sortie de secours mais elle n'en voyait pas. Elle ne pouvait pas se mettre à courir, il aurait tôt fait de la rattraper. Il venait de le lui prouver. Elle allait mourir. Voilà ce qui allait mourir. Elle inspira fortement avant de fermer les yeux. Elle n'avait plus qu'à attendre que son heure arrive mais rien ne se passait. Alors elle les ouvrit de nouveau. Tous avaient disparus sauf Stefan qui se tenait tout près d'elle à attendre. Quoi ? Elle ne le sut pas.
-J'aurais dû te protéger plus tôt. Grincha-t-il entre ses dents. Je suis désolé.
Elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. La protéger de qui ? De quoi ? Elle se posait encore la question lorsqu'elle le vit s'approcher de lui avec un sourire mauvais qui dévoilait ses canines aussi acérées que celle du plus vieux d'entre eux. Il lui portait un regard de prédateur qui s'apprêtait à bondir sur sa proie. D'ailleurs sa démarche, lente et souple, lui faisait penser à celle d'un félin rôdant autour de son futur repas prêt à lui bondir dessus.
Il la regarda dans les yeux et elle se sentit incapable de réagir à ses propres pensées, à ses propes volontés. Il l'hypnotisait.
-Je ne te ferais pas de mal. Lui susurra-t-il au creux de l'oreille. Tu ne sentiras rien du tout. Je te le promets. Ca sera rapide.
Au moment où il planta ses crocs dans son cou, elle hurla.

-Non ! Hurla Stefan en se réveillant.
Il s'assit d'un bond sur son lit avant de venir plonger sa tête entre ses mains. Il se massa les tempes avec ses paumes pour essayer de chasser les mauvaises ondes qui l'avaient envahi. Ce rêve semblait si réel. Comment avait-il pu faire ça à Kaylie ?
Au même moment, Kaylie se leva pour descendre dans la cuisine. Son rêve l'avait tant effrayé qu'elle désirait s'éloigner de l'endroit où elle l'avait vécu.
Le soleil ne s'était pas encore levé. Elle alluma toutes les lumières qui se trouvaient sur son passage afin de se sentir en sécurité.
Une fois dans le cuisine, elle se servit un verre de lait avant d'aller s'asseoir sur une des chaises. Elle repensait à tout ce qu'elle avait vu dans ses rêves. Cela lui semblait si incohérent. Elle sentit un mal de tête se pointer à force de réfléchir pour résoudre cet énigme. Qui était donc cette femme qui voulait qu'elle arrête le destructeur ? Pourquoi Stefan était-il devenu un vampire.
Ca, ma belle, si tu arrêtais un peu de lire tous ces livres sur les vampires, ça n'arriverais peut-être pas, lui insuffla une voix moqueuse.
Elle devait admettre qu'elle avait sûrement raison. Combien de livres avaient-elles lus ces derniers temps au sujet des vampires ? Il avait fallu qu'un étranger entre dans sa vie pour que toutes ses lectures se transforment en rêve... ou plutôt en cauchemar.
Mme Sawyer l'a rejoignit peu de temps après. Elle avait entendu sa fille hurler et ne la trouvant pas dans sa chambre, elle avait tenu à s'assurer que tout allait bien.
-Oui. J'ai juste fait un mauvais rêve.
-Ca faisait longtemps, n'est-ce pas ?
Elle dévisagea sa mère avec curiosité. Qu'avait-elle dit ?
-De quoi tu parles ?
-Tous ses rêves où une femme venait te trouver pour te dire que tu serais la seule à pouvoir l'arrêter.
Kaylie ne s'en souvenait plus.
-Est-ce que c'est le même ? S'enquit sa mère.
Elle hocha la tête.
Sa mère la regarda navrée. Ces rêves-là avaient épuisé sa fille jadis. Ils avaient cessé peu de temps avant son treizième anniversaire et Mme Sawyer s'en était sentie soulagée.
-Je ne comprends pas. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il signifie.
-Ton père pensait que ça avait à voir avec certains de ses aïeuls mais tu sais à quel point il était fou parfois.
Oui, elle le savait. D'ailleurs n'était-ce pas à cause de ses idées un peu trop folles qu'il avait un beau jour décidé de partir en les abandonnant ?
-Tu devrais aller te recoucher. Il est encore tôt.
Elle hocha la tête avant de répondre :
-Je finis mon verre et j'y retourne.
Mme Sawyer déposa une bise sur la joue de sa fille avant de quitter la pièce.
Dès qu'elle eut tout bu, Kaylie regagna sa chambre. Poussé par un sixième sens qu'elle ne connaissait pas, elle jeta un coup d'oeil sur sa table de nuit. Il avait sonné durant son absence. Un nouveau message de la part de Stefan l'attendait sur son répondeur.
-Je sais qu'il est tôt et j'espère ne pas t'avoir réveillé mais je voulais m'assurer que tout allait bien. Lui avait-il dit.
Elle l'écouta à plusieurs reprises juste pour entendre le son de sa voix avant de lui adresser un sms en retour :
J'ai fait un mauvais rêve. Je devrais peut-être arrêter de lire tous ses livres de vampires parce que dedans tu en étais un. Je suis certain que tu vas me prendre pour une folle à présent. On se voit en cours.
Elle avait eu juste besoin de se confier à quelqu'un sur ce cauchemar avant de pouvoir se rendormir jusqu'à ce que le soleil se lève.

Stefan ne s'était pas rendormi. A l'instant où son téléphone sonna, il s'en saisit et parcourut les quelques lignes de texte que Kaylie venait de lui envoyer. Ses pupilles se dilatèrent sous le choc de ce qu'elle lui avait écrit. Ils avaient fait le même rêve ou presque. Comment était-ce possible ? Qui était à l'origine de tout ça ?
Non, tu n'es pas folle, Kaylie. Tu viens juste de découvrir en rêvant la même chose que moi qui je pouvais être réellement.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyMer 9 Juin - 21:36

Stefan se pressa pour arriver le premier au lycée. Il voulait devancer Kaaylie et s'assurer d'être auprès d'elle lorsque Bogdan y arriverait.
Il dévala les marches quatre à quatre, passa dans la cuisine où il avala un verre de jus d'orange à la hâte avant de s'emparer de son sac qu'il hissa sur son épaule.
-Tu m'as l'air bien pressé. Constata Samuel qui se trouvait assis dans son fauteuil, ses lunettes chaussées sur ses yeux afin de pouvoir lire son journal.
-Je dois arriver avant Bogdan et Kaylie au lycée. Je n'ai pas envie qu'il l'aborde.
-Je comprend... Ah, au fait.
Stefan qui avait repris son avancée vers la porte, s'arrêta net et se retourna. Il montra quelques signes d'impatience à Samuel qui en fit fi.
-Il y a eu une autre attaque cette nuit.
-Pardon ? S'étonna Stefan croyant qu'il avait mal compris.
Les membres de sa famille n'attaquait jamais deux nuits à la suite. Un repas leur suffisait pour tenir plusieurs jours. Trois ou quatre habituellement.
-Bogdan n'est peut-être pas le seul de tes frères à se trouver ici.
-Je n'ai senti que lui. Serait-il possible qu'un autre vampire soit en ville ?
-Stefan... Hormis tes frères ou toi... je ne vois personne d'autres capables de faire ce genre d'actes. La majorité des vampires ont été détruits, il y a des centaines d'années. Nous seuls, Vladislas, continuons à faire exister cette espèce. Donc non, il n'y a pas d'autres vampires en ville.
Stefan hocha la tête avant de quitter la demeure de son oncle.
Il marcha vite pour récupérer le temps qu'il avait perdu en discutant avec son oncle sans cesser de penser à cette nouvelle attaque. Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, se posant d'innombrables questions, se demandant si un animal sauvage ne pouvait pas être à l'origine de celle-ci, mais toujours la même vérité lui revenait sans cesse. Aucun animal, aucun autre vampire qui, d'ailleurs, n'existait que dans les films ou la littérature avait pu commettre cet acte. Il s'agissait forcément de l'un des siens.
Il huma l'air comme un animal à l'affut de la moindre odeur qui aurait pu lui dévoiler la présence d'un autre de ses frères. Ses sens étaient bien plus aiguisés que ceux des humains normaux, surtout depuis qu'il avait fêté son dix-septième anniversaire. L'air était caractérisé par le même parfum qu'il avait senti la veille juste avant de découvrir la présence de son ainé. Rien de plus. Ni Dorin, ni Cornel n'avaient posés le pied sur ce territoire.
Il ne comprenait pas les raisons qui avaient poussés Bogdan à se nourrir plus que d'habitude jusqu'à l'instant où un souvenir lui échappa. Bien sûr ! Il aurait dû y songer avant.
L'appétit de son frère avait toujours été bien plus important que ceux de leurs ainés mais Dorin l'avait réfréné chaque fois qu'il avait tenté de se nourrir plus. A présent, il était libre. Rien ni personne lui interdisait de chasser plusieurs nuits à la suite s'il le souhaitait. Et plus il se nourrirait et plus il deviendrait fort et puissant. Personne ne pourrait alors l'arrêter, même Dorin en serait incapable. Le sang avait cette capacité de les rendre de plus en plus forts. Plus ils en buvaient et plus leur force se démultipliaient.
Stefan se demanda un instant si son frère n'était pas plutôt celui que la malédiction désignait. Il en ressentit un certain soulagement quelques secondes jusqu'à ce qu'il se souvienne que cela ne pouvait pas être lui. Bogdan n'était pas le cadet de sa fratrie.

Le lycée n'était plus qu'à quelques pas maintenant. Le coeur de Stefan battait plus vite sous l'impulsion de la joie d'être enfin arrivé au lycée et de la crainte que Kaylie soit déjà là. Quant à Bogdan, il sentait déjà sa présence sans même l'avoir aperçu.
Il avança alors d'un pas de plus en plus rapide au fur et à mesure qu'il franchissait les mètres qui lui restaient à parcourir. L'angoisse vint le submerger comme une raz-de-marée. Il venait de ressentir la présence de Kaylie. Elle était arrivé avant lui. Qu'allait-il se passer désormais ?
Encore quelques pas, songea-t-il, et je pourrais la protéger.
Enfin il y était arrivé mais sa vision lui offrit une image d'horreur. Kaylie discutait avec Bogdan tout en lui souriant. Il devait mettre un terme à cette comédie. Il se dirigea alors vers eux mais fut arrêté dans sa démarche par l'arrivée impromptue de Kate.
-Pourquoi tu ne m'as pas rappelé hier soir ? S'enquit la jeune fille.
Il n'entendit pas la réponse trop absorbée par son frère qui ne lâchait plus Kaylie.
-Stefan ?
-On en reparles plus tard. J'ai un truc à faire là.
Kate fronça les sourcils. Il lui parut tellement étrange à cet instant.
Il commença à se déplacer en direction de son ainé qu'il n'avait toujours pas quitté des yeux lorsque la présidente des élèves le rappela.
-Tu n'oublies pas un truc ? Le questionna-t-elle.
Il poussa un soupir d'exaspération. Pourquoi faillait-il qu'elle se mette sur son passage ? Sans elle, il serait déjà auprès de Kaylie.
-Stefan !
-Oublies-moi d'accord. Lui répondit-il sèchement en se tournant vers elle.
-Tu veux dire que nous deux...
-Il n'y a jamais eu de nous deux. Alors à présent lâche-moi.
Kate le regarda s'éloigner avant d'aller se réfugier au pas de course à l'intérieur du bâtiment. Quant à Stefan, il se dirigea vers le duo composé de la fille dont il était amoureux et de son frère. Il sentait la haine grandir au fur et à mesure qu'il franchissait les pas qui le séparaient d'eux.
-Salut. Lança-t-il en tentant de maintenir sa colère.
Son regard noir trahit toutefois son ton posé. Kaylie ne le remarqua à peine mais Bogdan n'en avait pas perdu une miette.
-Eh, salut. Tu tombes bien, on était justement en train de parler de toi avec Bogdan.
-En bien, j'espère.
Il déposa une bise sur la joue de son amie avant de venir lui enlacer la taille de ses bras comme s'il voulait prouver à son frère qu'elle lui appartenait.
-Bogdan est Roumain comme toi.
-Vraiment ? Intéressant. Je peux te parler une minute seul à seule.
Les deux frères s'affrontaient sans relâche du regard jusqu'à ce que Kaylie accepte de s'éloigner avec Stefan.
-Reste éloigner autant que tu peux de lui. Lui ordonna-t-il sur un ton qui ne permettait aucune réplique.
Elle resta muette un instant sous le choc de la surprise.
-Pardon ? Finit-elle par s'enquérir.
-Souviens-toi... Je t'avais demandé de ne pas t'approcher des Roumains hormis Manole et moi.
-Je croyais que tu plaisantais.
-J'en avais l'air ?
Non, il avait été on ne peut plus sérieux.
-Explique-moi pourquoi je ne devrais pas lui parler. Il a l'air très sympa.
-Ce n'est qu'une apparence.
-Tu le connais ?
-Non. Lui mentit-il.
Il aurait pu lui dire oui. Il l'aurait même dû le faire mais à la dernière seconde, il s'en était senti incapable. S'il lui avait dit oui, il aurait été obligé de lui avouer qu'il avait menti concernant les Vladislas. Il aurait sûrement dû lui dévoiler sa vrai identité et il avait craint à cet instant qu'elle s'enfuie en courant. Certes, ce n'aurait pas été un mal. Samuel ne le lui avait-il d'ailleurs pas conseiller ? Mais lorsqu'il avait songé à le faire, elle n'était pas juste à côté de lui. A présent, tout était différent. Elle était là, si près, si fragile en apparence. Il ne tenait qu'à la serrer dans ses bras.
-Il est Roumain. Ajouta-t-il las comme si cela pouvait faire changer la jeune fille de point de vue.
-Tu l'es aussi.
-S'il te plaît... Fais-le pour moi.
-Je pense que ton petit-ami est jaloux qu'un étranger s'intéresse à toi. Intervint Bogdan qui venait de les rejoindre.
-C'est faux. Je ne suis pas jaloux. S'emporta Stefan agacé que son frère intervienne dans une conversation privée.
-Mais je peux le comprendre. Les Roumains sont très méfiants entre eux. On ne sait jamais si on tombait sur un Vladislas. Renchérit Bogdan comme s'il n'avait pas entendu ce que son frère venait de lui répondre.
-Les Vladislas ? Je pensais que ce n'était qu'une légende.
-Une légende ?
Bogdan émit un léger rire jaune, moqueur, avant d'ajouter :
-Qui t'a dit que cela était une légende ?
Kaylie se tourna vers Stefan comme si elle cherchait son soutien.
-Oh ! Je vois. Stefan est assez malin pour dissimuler la vérité.
Elle resta pétrifié sur place. De l'incompréhension se lut dans ses yeux. Elle ne se souvenait pas lui avoir présenté son petit-ami mais il connaissait pourtant son prénom.
-Vous vous connaissez ? S'enquit-elle une fois que la surprise fut passé, tout en les regardant tour à tour.
-Non. Se reprit Bogdan qui venait de réaliser son erreur. Je t'ai juste entendu prononcer son prénom.
Kaylie avait beau réfléchir, elle ne se souvint pas avoir prononcé le prénom de son petit-ami une seule fois depuis son arrivée. Tout semblait si étrange à cet instant. Elle sentait que quelque chose se tramait dans son dos mais elle n'arrivait pas à savoir quoi exactement.
Des doutes commencèrent même à l'envahir quant à la réelle identité de Stefan. Elle chercha à capter son regard mais il continuait à défier le nouveau des yeux. Une telle haine s'y lisait qu'elle réalisa qu'ils se connaissaient forcément. Elle se souvint alors des paroles de Manole : « C'est un Vladislas, je le sais. Je le sens comme tous les autres Roumains ». Elle se rappela aussi de l'effroi mais aussi de la haine qui s'était lu dans le regard de son ami. A présent elle pouvait les lire dans celui de Stefan.
-Il vaut mieux que je t'accompagne jusqu'à ta salle de cours. Lui murmura le plus jeune Vladislas au creux de l'oreille sans quitter son frère des yeux.
-D'accord.
Bogdan les laissa s'éloigner de lui sans intervenir. Il affichait un sourire victorieux. Il savait qu'il avait réussi à placer des doutes dans l'esprit de la jeune fille. Il n'avait toutefois pas réussi à lire toutes ces pensées. Il avait plutôt entendu une sorte de cacophonie qui l'avait plus ou moins déstabilisé. C'était la première fois que cela lui arrivait. Il haussa les épaules en y réfléchissant. Ce n'était pas bien grave. Il pouvait atteindre son esprit d'une toute autre manière à un moment où elle se méfiait le moins. Comme au cours de la nuit où il s'était amusé à contrôler le rêve de son cadet et de Kaylie. C'était la première fois qu'il avait tenté un tel acte.
Il s'était assis devant la maison de la jeune Américaine et s'était glissé dans sa tête peu après le premier rêve qu'elle avait effectué et qui avait affaibli son esprit. Puis il avait réussi à se connecter à celui de son frère. Il les avait mené selon ses propres désirs. Lorsque les deux concernés s'étaient finalement réveillés, il s'était senti si affaibli qu'il avait été obligé d'aller se régénérer en allant chasser.
La prochaine fois, je me nourrirai avant, s'était-il alors dit.
Il rappela Kaylie qui ne retourna que son visage vers lui tout en continuant à avancer entouré par le bras de son petit-ami.
-Attends-moi, s'il te plaît. On a le même cours et j'ai peur de me perdre si tu ne m'accompagnes pas.
Kaylie ralentit le pas pour l'attendre. Stefan la poussa à continuer à avancer.
-Il n'a qu'à te suivre. Grogna-t-il.
-Sois sympa, il est nouveau.
-Aucune envie d'être sympa avec lui.
-Stefan s'il te plaît.
Il abdiqua devant le regard suppliant de la jeune fille.
-Je me demande ce que vous avez vous autre Américains pour ne pas sentir le danger là où il se trouve. Grincha-t-il entre ses dents.
-Quoi ? Demanda Kaylie qui avait vu les lèvres de son ami bouger mais n'avait entendu aucun son.
-Rien. Je parlais tout seul.
Bogdan les rattrapa. Il leur emboîta le pas tandis que Stefan accompagnait Kaylie jusqu'à sa salle de cours. Il avait resserré son étreinte autour de son épaule comme s'il avait voulu être collé à son corps pour la protéger de celui qui les suivait.
Après un léger baiser donné devant la salle, Kaylie y entra sans prêter attention aux deux Roumains.
-Je t'avais conseillé de ne pas t'approcher d'elle.
-Et tu as cru que c'est ce qui allait m'empêcher de le faire. Je t'ai connu plus intelligent.
-Et moi, je t'ai connu beaucoup moins sournois.
Bogdan lui décrocha un sourire sournois comme s'il tenait à infirmer les paroles de son cadet.
-Elle est vraiment très belle et son parfum est...si exquis.
Il cherchait à rendre son frère fou de colère.
-Si jamais, tu t'approches encore d'elle... Commença Stefan sur un ton menaçant et plein de mépris.
-Je t'arrête tout de suite. Tu ne pourras rien faire contre moi. De toute façon, ne t'inquiète pas. Je veux juste m'amuser un peu avec elle.
La fureur qui habitait Stefan dépassa son entendement. Il poussa son frère avec violence contre l'un des casiers qui encadrait la porte de la salle.
-Ne t'approches pas d'elle. Siffla-t-il entre ses dents tel un serpent prêt à mordre.
Bogdan se dégagea rapidement de l'emprise de son frère, plaqua sa main sur la gorge de ce dernier et le poussa à son tour avec violence contre le casier situé de l'autre côté de cette porte.
Le professeur se dirigea vers eux en entendant le vacarme qui se produisait dans le couloir. Bogdan l'avait vu arrivé. Il se contenta de le fixer du regard avant de lui dire :
-Ce n'est qu'une petite querelle entre frères. Oubliez ça et retournez à votre cours.
-Ce n'est rien. Juste une querelle entre frères. Je retourne à mon cours. Répéta l'enseignant.
Stefan comprit que son frère venait d'hypnotiser le vieil homme.
-Quand comprendras-tu que tu ne peux rien contre moi ? Tant que tu restes humain, tu n'es qu'une vermine.
Stefan suffoquait sous l'emprise de son frère.
-Je m'approcherai de kaylie si je le souhaite... J'ai une petite question pour toi : pourquoi lui avoir dit que les histoires sur notre famille n'était qu'une légende ?
Stefan ne pouvait plus parler. Sa gorge le brûlait et il allait mourir si son aîné ne le relâchait pas.
-Oh, je vois. Lui dit Bogdan en desserrant légèrement ses doigts autour de son emprise. Tu crains qu'elle s'enfuie en apprenant quel genre de monstre tu es.
-Je ne suis pas un monstre. Se défendit le plus jeune qui retrouvait une respiration normale.
-Désolée, j'aurais dû dire : quel monstre tu deviendras. Parce qu'un jour où l'autre, c'est ce qu'il se passera et je serais aux premières loges pour savourer ta métamorphose.
-Ca n'arrivera jamais, Bogdan.
-Détrompes-toi. Ça arrivera et sûrement plus vite que tu ne le penses. Tu ne pourras pas résister longtemps à l'appel du sang.
-C'est là où tu te trompes. Je me maîtrise mieux que personne. J'ai appris à me contrôler.
-Tu en es sûr ? Parles moi du rêve que tu as fait cette nuit.
Stefan le regarda épouvanté. Comment Bogdan pouvait-il connaître son rêve ?
-Je me suis juste amusé à entrer dans vos têtes et à contrôler légèrement vos esprits pour vous guider là où je le désirai. Je suis assez fier de moi même si cela a valu la vie à un pauvre homme. Enfin bon. Ce n'était qu'une vermine. Passons.
-Qu'est-ce que tu sous-entend ?
-Le sang de Kaylie est si fort que tu ne pourras pas y résister longtemps. J'ai d'ailleurs moi-même du mal à me contrôler pour ne pas lui sauter à la gorge...
-La différence entre toi et moi, c'est que je ne suis pas un monstre sanguinaire. Je ne me suis encore jamais jeté à la gorge de qui que ce soit contrairement à toi.
-Tu ne fais que renier la réalité. Souviens toi du plaisir que tu as pris en te délectant de son sang dans ton rêve.
Stefan baissa son regard vers le sol. Son frère avait raison. Il avait apprécié de boire ce breuvage si délicieux qu'il se serait damné pour trouver le même dans la réalité.
-Tu as aimé bien plus que tu ne veux l'admettre.
-Ce n'était qu'un rêve.
-Certes mais j'y ai placé pas mal d'éléments et le goût de son sang en faisait partie. J'y ai retranscrit son odeur si appétissante...
-Je te tuerai Bogdan. Je le jure. Je te tuerai avant que tu aies eu le temps de t'amuser avec Kaylie.
Bogdan jeta un dernier coup d'oeil sur son frère avant de se diriger vers la porte de la salle. Il s'apprêtait à se rendre auprès de son professeur pour lui annoncer son arrivée à sa manière lorsqu'il se retourna une dernière fois vers son cadet pour lui déclarer :
-J'ai cours toute la journée avec Kaylie. Je sens que je vais très bien m'amuser.
Un sourire sournois se dessina sur ses lèvres. Stefan se tint prêt à bondir sur lui mais Bogdan le retint d'un simple signe négatif de l'index.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyJeu 10 Juin - 18:05

Stefan eut l'impression que quelqu'un s'amusait à figer le temps tant celui-ci s'écoulait avec lenteur. Il essaya, toute la matinée, de s'intéresser aux cours qu'il suivait mais son esprit vagabondait ailleurs. Si près mais pourtant si loin. Il ne cessait pas de se demander ce que faisait son frère. Il aurait aimé pouvoir se rendre dans les mêmes salles fréquentées par Bogdan et Kaylie mais cela ne lui était pas permis.
Plus d'une fois, il se sentit prêt à bondir de sa chaise juste pour aller vérifier si sa petite-amie ne courrait pas de danger à cause de son frère.
Enfin la cloche annonçant la pause déjeuner retentit. Stefan rangea ses affaires dans son sac sans perdre de temps. Il fut d'ailleurs le premier à quitter la salle. Il se précipita jusqu'à celle où il savait qu'il retrouverait Kaylie. La jeune fille n'était pas encore sortie. Son professeur leur avait collé un devoir de dernière minute. Un délai de cinq minutes supplémentaires leur avaient été accordés pour le terminer.
Bogdan fut le premier dehors. Puisqu'il venait tout juste d'arriver, il avait été exempté du devoir. Il remarqua aussitôt la présence de son cadet qui se tenait adosser contre le mur juste à côté de la porte. Stefan serra les poings à son passage, prêt à lui bondir dessus si jamais il lui parlait de Kaylie. Toutefois Bogdan se contenta seulement de lui adresser un sourire sournois avant de poursuivre son chemin en direction des bureaux d'administration.
Stefan le suivit des yeux jusqu'à ce que Kaylie quitte la salle à son tour. Elle arborait un sourire radieux qui prouvait à son petit-ami qu'elle avait plutôt bien réussi cette interrogation écrite. Il lui déposa un baiser sur les lèvres avant de passer un bras autour de ses épaules. Ils se rendirent ensuite jusqu'à la cafétéria où ils s'installèrent à une table juste tous les deux sous le regard meurtrier de Kate. Elle s'en était douté mais elle n'avait pas voulu admettre qu'il pouvait avoir rompu avec elle à cause de sa rivale. A présent, elle en avait la preuve sous les yeux. Elle aurait eu à cet instant des mitraillettes à la place du regard, elle aurait déchargé toutes ses munitions sur Kaylie.
Cette dernière prit place sur la chaise que venait de lui tirer Stefan. Elle n'en revenait pas. Même si elle ne le connaissait que très peu, elle n'aurait pas cru un seul instant qu'il puisse être aussi galant. Elle lui avait imaginé toutes les qualité mais elle avait été loin de s'imaginer qu'il puisse être ainsi. Elle lui adressa alors un sourire qu'il lui rendit en retour avant d'aller s'asseoir en face d'elle.
Ils discutèrent de tout et de rien mais très vite Stefan chercha à mener le sujet vers son frère. Il voulait juste savoir si celui-ci avait laissé la jeune Américaine tranquille.
Kaylie crut un instant qu'il lui posait toutes ces questions par jalousie avant de réaliser que c'était pire que ça. Elle lut une nouvelle fois cette crainte et cette haine qu'il ressentait pour son compatriote.
-Il s'est montré très sympa avec moi et d'ailleurs...
Elle s'interrompit à cet instant. Bogdan se trouvait juste derrière son frère. Elle l'avait vu arriver mais ne pensait pas qu'il viendrait jusqu'à eux.
-Puis-je m'asseoir avec vous ? Demanda-t-il poliment.
Il avait plus posé la question à Kaylie qu'à son frère. Il savait que ce-dernier refuserait mais sa petite-amie accepterait. Il en était sûr. Et si jamais elle hésitait alors il n'aurait qu'à l'hypnotiser pour qu'elle réponde oui.
Stefan ne put se retenir de renvoyer promener son frère sous le regard courroucé de sa petite-amie.
-Comment oses-tu lui parler comme ça ? S'emporta-t-elle.
Mais pour qui se prenait-il pour traiter un nouveau de la sorte. Contrariée, elle invita Bogdan à prendre place avec eux. Il adressa alors un sourire victorieux à son frère avant de tirer sa chaise et de s'y asseoir.
-Quand est-ce qu'on commence notre devoir commun ? S'enquit-il auprès de laa jeune fille en guettant la moindre réaction de son cadet.
-Quel devoir ? Les questionna Stefan en les regardant tour à tour.
-Un devoir de sciences naturelles. Lui répondit posément Kaylie.
-Sciences naturelles, hein ? Et il a fallu que tu choisisses de faire équipe avec lui ! Keith n'est pas dans ton cours ?
-Tu aurais préféré que je fasse équipe avec mon ex ? S'étonna-t-elle.
Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Bogdan.
-J'aurais préféré que tu fasses équipe avec n'importe qui plutôt qu'avec lui. J'aurais peut-être été jaloux si tu avais pris ce devoir avec Keith mais ça aurait été préférable.
Kaylie ne put que remarquer la colère qui s'était emparé de son petit-ami. Son regard s'était assombri et il venait de se lever d'un bond en tapant des deux poings sur la table. Ne comprenait-elle rien ?
-Stefan ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Il jeta juste un regard meurtrier à son frère sans ajouter un mot inutile qui n'aurait servi à rien. De toute façon, Bogdan savait exactement ce à quoi pensait son cadet. Il avait encore une fois atteint son objectif.
Stefan attrapa son plateau repas pour aller le déposer sur le chariot parmi les autres. Il préféra alors aller profiter du soleil radieux pour tenter de se calmer et de reprendre ses esprits.
Chaque fois qu'il se trouvait proche de son frère, il sentait la colère l'envahir mais cette fois il avait ressenti bien plus. Le monstre en lui était venu le supplier de lui offrir ce dont il avait besoin pour écraser son frère comme un insecte.
Il laissa ses jambes l'emportaient le plus loin possible de toute cette agitation. Non, il ne pouvait pas se permettre de perdre ainsi juste parce que son ainé le cherchait. Il était bien plus fort que tout ça. Il l'avait prouvé à son oncle. Pourtant, il avait senti le parfum si exquis du sang de Kaylie venir lui brûler les lèvres. Sa bouche avait pris feu, son estomac à crier famine...
Il croisa plusieurs camarades. Il hâta le pas en sentant l'odeur de leur sang. Il devait rentrer chez lui au plus vie, s'enfermer à double tour dans sa chambre jusqu'à ce que tout ça s'arrête. Il se mit à courir de plus en plus vite tandis qu'il s'éloignait du lycée. Lorsqu'il arriva enfin dans une rue plus calme, il ralentit son allure jusqu'à se mettre à marcher de nouveau. Il respira le parfum de la ville qui, à cet endroit, n'offrait que l'odeur de la pollution. Peu à peu, il en oublia le sang et il s'en sentit soulagé.
Lorsqu'il passa devant le bar de Manole, il décida de s'y arrêter même s'il savait qu'il ne serait pas le bienvenu. Il avait remarqué la première fois l'entente quasi-fraternel qui existait entre Kaylie et le barman. Lui seul pourrait l'aider, songea-t-il.
Il poussa la porte. Le bar n'était pas très fréquenté à cette heure-ci. Un vieil homme lisait son journal au fond de la salle tandis qu'un représentant prenait une vodka au comptoir.
Manole remarqua tout de suite son entrée. Il se précipita vers Stefan qu'il poussa avec hargne. Le jeune Roumain recula d'un pas sous la violence du coup puis s'immobilisa.
-Je sais que tu ne m'aimes pas.. Commença Stefan avant d'être interrompu.
-Le mot est un peu faible, tu ne crois pas ?
-Ok, tu me détestes à cause de mon nom. Mais tu ne me connais pas.
-J'en sais beaucoup plus sur toi que ce que tu pourrais imaginer.
-Ecoutes, ne m'aimes pas. C'est ton droit. Je ne suis pas là pour que tu apprennes à apprécier ma famille...
-Il manquerait plus que ça vu le mal que les tiens m'ont fait.
-Ou à m'apprécier. Poursuivit Stefan comme s'il n'avait rien entendu. Mais j'ai besoin d'aide...Pour Kaylie.
-Kaylie ?
-Elle est en danger.
-Tant que tu traîneras autour d'elle, ça m'étonnera pas.
-Je ne parle pas de moi, d'accord ? S'emporta Stefan excédé par l'entêtement de son compatriote. Je suis en train de te parler de Kaylie. Alors s'il te plaît, oublies un instant qui je suis, ok ? Parce qu'elle est vraiment en danger. Mon frère Bogdan est ici et je suis un enfant de coeur à côté de ce que lui le fera. Il a l'intention de la manipuler, de la blesser peut-être même parce qu'il sait que je tiens à elle. Et je ne sais pas quoi faire pour l'en empêcher. Je te demandes juste de m'aider...pour elle.
Manole aurait pu l'interrompre mais il l'avait laissé parler.
-Je t'en prie, aides-moi. Le supplia presque Stefan.
-Que veux-tu que je fasse ?
-J'en sais rien mais je sais que je n'y arriverais pas seul. Elle ne m'écoute pas quand je lui dis de s'éloigner de lui. Je suppose que tu n'es pas sans savoir qu'il y a eu deux attaques d'animal ces dernières nuits.
-Je sais et je me doute que ce n'était pas des animaux.
-Je peux te garantir que je n'ai rien à voir là-dedans si ça peut t'aider à cerner mon ainé. Tu connais aussi la malédiction qui pèse sur le dernier Vladislas qui naîtra à l'aube du nouveau millénaire ?
-Oui. Je la connais. Et tu es le dernier, je me trompe ?
-Non, tu ne te trompes pas mais pour ça je dois me nourrir afin d'effectuer ma transformation. Je ne le ferai pas mais Bogdan va tout faire pour me faire changer d'avis. Et j'ai peur qu'il y arrive.
-Comment ?
-En se prenant à ceux que j'aime... Ou plutôt, je devrais dire à celle dont je suis tombé amoureux.
-Kaylie ?
-Oui.
-Ne t'approche pas d'elle !
Stefan le regarda dépité. Il avait cru un moment que Manole allait l'aider en connaissant tous les détails qu'il avait énumérés mais il devait s'avouer vaincu. Ce Roumain se montrait trop têtu. Il laissa tomber ses bras le long de son corps tout en poussant un long soupir. Puis il se dirigea vers la porte d'entrée tandis que Manole réfléchissait aux paroles de son compatriote.
-Oh ! Attends ! Ordonna ce dernier à Stefan.
Le plus jeune s'immobilisa attendant la suite des évènements.
-Que sait Kaylie sur ta famille et toi ?
-Elle pense que c'est une légende.
-Alors je lui prouverai que ce n'en est pas une.
-D'accord.
-Ce qui signifie qu'elle peut s'éloigner de toi quand elle connaîtra la vérité. Tu es prêt à l'accepter.
Stefan hésita avant de répondre sur un ton certain :
-Je prend le risque.
-D'accord. Alors je vais l'appeler pour lui demander de passer ici après les cours. Je lui dirais que je dois lui parler.
Stefan hocha juste la tête.
-A présent, quitte mon bar. Les Vladislas ne seront jamais les bienvenus chez moi.
Stefan se retourna et prit la direction de la sortie.

Kaylie commençait à vraiment s'inquiéter pour Stefan. Elle se demandait où il avait bien pu passer. De toute évidence, il avait quitté le lycée. Elle l'avait cherché dans tout le lycée avant de comprendre qu'il n'y était plus. Certes, elle ne le connaissait pas assez pour prévoir ses réactions mais il ne lui avait pas semblé être le genre à s'enfuir devant la moindre difficulté.
-Ne t'inquiètes pas pour lui.
Surprise par cette voix, elle sursauta avant de faire face à Bogdan qui se trouvait dans son dos.
-De quoi tu parles ?
-De Stefan, bien sûr. De quoi voudrais-tu que je te parle ?
-J'en sais rien.
-Il a toujours été comme ça. Il s'énerve très vite. Faut pas lui en vouloir c'est dans son caractère.
-Vous avez l'air de bien vous connaître ?
Il étira ses lèvres dans un rictus avant de répondre :
-Tu veux que je te confie un secret ?
Il attendit de lire l'effet qu'il produisait dans son regard avant de se pencher sur elle pour venir lui avouer à son oreille :
-C'est mon frère.
Il se releva et attendit la réaction de la jeune fille avant d'ajouter, un doigt devant la bouche :
-Chut. Personne doit savoir. C'est notre secret.
Kaylie n'en crut pas ses oreilles. Ils étaient frères. Pourquoi Stefan ne lui avait-il rien dit ? Elle ne comprenait pas qu'il puisse lui cacher une telle chose ? Elle se demanda alors si il lui en dissimulait d'autres.
-Et son nom est Vladislas. Ajouta-t-il en lui jetant un regard ironique avant de la laisser seule parmi les doutes et questions qu'il venait de créer dans son esprit.
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MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyVen 11 Juin - 21:19

Kaylie ouvrit son sac à la recherche de son téléphone qui s'était mis à sonner. Encore sous le choc de la révélation que venait de lui faire Bogdan, elle murmura un « allô » hésitant.
-Tu peux passer après les cours. Faut que je te parle. Lui annonça sur un ton on ne peut plus sérieux Manole.
-Oui, bien sûr. Ca va toi ? Tu m'as bien l'air sérieux.
-Oui, ça va. J'ai juste besoin de te parler.
-D'accord. Pas de problème. Il me reste deux cours et je passe te voir ensuite.
Kaylie se rendit ensuite dans sa salle de cours. Elle espérait qu'elle y retrouverait Stefan. Elle voulait avoir une explication pour comprendre les raisons qui le poussaient à détester autant son frère et à dissimuler son véritable nom aux autres.
Son nom est Vladislas, se répéta-t-elle en pensant aux derniers mots de Bogdan.
Est-ce que cela avait quelque chose à voir avec cette fameuse légende ? Peu lui importait. Après tout, cela ne semblait être qu'un conte de fée pour tenir les enfants éveillés la nuit, un peu comme les croque-mitaines. Alors pourquoi s'y serait-elle attardé ?
Elle s'installa à sa place. La salle était encore déserte. Dans peu de temps les autres élèves afflueraient.
Elle se plongea dans ses pensées si bien qu'elle ne remarqua pas son petit-ami arrivé. Il fut obligé de l'appeler à plusieurs reprises pour qu'enfin elle se reconnecte au monde réel.
-Tu avais l'air plongé bien loin de la réalité. Ironisa-t-il.
-Désolée, j'étais en train de réfléchir.
Elle lui adressa un furtif sourire.
-Tout va bien ? S'enquit-il.
-Oui, bien sûr. Et toi, ça va ? Tu avais l'air vraiment contrarié quand tu as quitté le self.
-Ca va beaucoup mieux.
-Tu veux m'en parler.
-Non. Tout va bien.
Elle voyait bien à travers son regard qu'il lui mentait mais elle se douta qu'il ne lui en dirait pas plus. Elle aurait pu à cet instant lui posait toute sorte de question mais elle préféra laisser le silence s'installait entre eux. Seul son regard se fit interrogateur.
Stefan vint s'asseoir sur le pupitre de Kaylie. Il se saisit de ses mains qu'il porta à ses lèvres pour lui déposer un baiser dessus.
-Tout va bien. Lui assura-t-il en plongeant un regard dans le sien si intense qui pénétra son âme.
Jamais elle n'avait ressenti de telles choses avec ses exs. Il suffisait que Stefan la regarde ou la touche pour qu'elle vienne à en oublier tout le reste. Il n'y avait que lui qui comptait. Le reste du monde, elle s'en fichait. Elle aurait pu rester des heures ainsi.
Plongé dans leur bulle, ils ne virent pas arriver Bogdan avec un sourire malicieux accroché à ses lèvres. Il se dirigea vers eux et, à leur hauteur, s'arrêta.
-Je vois que tu l'as retrouvé. Tu vois, je t'avais bien dit qu'il ne fallait pas s'inquiéter pour lui. S'adressa-t-il à Kaylie sans prêter attention à son frère.
Puis il se tourna vers son cadet et ajouta :
-Elle était vraiment bouleversé, tu sais ? J'ai d'ailleurs hésité à la prendre dans mes bras pour la réconforter.
Stefan serra les poings et les dents pour maîtriser la colère qui le ravageait de nouveau.
-Dégages ! Lui ordonna-t-il sur un ton qui ne permettait aucune réplique.
Pour toute réponse, Bogdan s'approcha de Kaylie et lui murmura quelques mots à l'oreille si bas qu'elle dut se concentrer pour comprendre ce qu'il était en train de lui dire. Puis elle dévisagea Stefan à la recherche d'une réponse à la question que l'ainé avait fait naître dans son esprit.
-Qu'est-ce que tu lui as dit ? S'énerva le plus jeune qui n'appréciait guère le regard interrogateur de son amie.
-C'est un secret entre elle et moi.
-Fous le camps et ne t'approche plus d'elle. Je te jure que je vais te faire la fête si tu continues.
Bogdan laissa un léger rire s'échapper.
Kaylie sentit à cet instant que Stefan se tenait à bondir sur le plus âgé. Elle avait du mal à comprendre les raisons pour lesquelles il le détestait autant. De plus, ils étaient frères et elle n'aurait jamais imaginé une telle haine dans une fratrie.
Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas Bogdan parler à son frère mais lorsqu'elle reprit contact avec le monde réel, son sang ne fit qu'un tour dans ses veines. Stefan tenait son frère par le haut de son pull. Elle n'avait jamais vu un regard aussi sombre que celui qu'il arborait. Elle crut même un instant que ses yeux avaient changé de couleur tant ils s'étaient assombris, passant du bleu au noir. Mais ça ne devait être qu'une vision.
-Stefan. Arrêtes ça ! Lui intima-t-elle en venant se placer devant lui pour attirer son attention.
Il ne la remarqua même pas.
Elle éleva encore une fois la voix pour le rappeler à l'ordre mais en vain. Avant même que les coups partent, les deux frères se livraient une guerre à travers leurs regards.
-Vas-y. Frappes moi. Intima Bogdan à son cadet.
Stefan prépara son coup en reculant son coude. Kaylie décida à cet instant de se placer dans l'infime espace qu'il avait laissé entre son frère et lui. Il remarqua à la dernière seconde qu'elle était là mais c'était déjà trop tard. Le coup était parti et il n'avait pas pu le retenir. Son poing heurta la jeune fille sur le coin externe de la paupière.
Le coup avait été si violent qu'elle trébucha et si Bogdan ne s'était pas trouvé derrière elle, elle se serait effondrée à coup sûr.
Elle était si furieuse qu'elle ne remarqua même pas le sang qui coulait le long de son visage. Mais les deux frères, eux, l'avaient remarqué. Bogdan se maîtrisa. Il s'était nourri la veille ce qui lui permit de ne pas avoir cette sensation de faim que ressentit instantanément son frère.
Stefan détourna le regard pour ne pas chercher à se maîtriser mais l'odeur l'attirait comme le chant mélodieux d'une sirène. Il devait quitter cette pièce au plus vite, se retrouver loin de ce parfum si envoûtant. Il tenta de se tourner de cette vision hypnotique mais sans résultat.
Tel une marionnette, inconscient de ses gestes, il s'avança vers elle. Il porta sa main sur sa plaie qui saignait toujours et sans un mot, il posa son doigt sur ce flux qui le tentait tant.
-Ne t'approches pas de moi, Stefan. Lui intima la jeune fille en reculant d'un pas.
Jamais, elle n'aurait cru qu'il pourrait venir la blesser de la sorte. Il était si galant et si gentil avec elle que le coup qu'elle venait de recevoir l'horrifier bien plus que n'importe quel autre qu'elle aurait reçu.
Ses paroles eurent pour effet de réveiller Stefan. Il regarda tour à tour sa petite-amie puis son frère qui tenait à présent Kaylie dans ses bras comme pour la réconforter. La maîtrise dont son aîné se montra capable à cet instant pour ne pas se nourrir sur la jeune américaine lui fit envie.
-Je crois que tu devrais aller faire un petit tour, mec. Intervint Keith qui avait, impuissant, assisté à la scène sans pouvoir intervenir. Il était arrivé trop tard, juste au moment où Stefan abattait son poing sur le doux visage de la jeune fille dont il était toujours amoureux.
Stefan jeta un coup d'oeil à l'assemblée avant de décider qu'il valait mieux écouter l'ex petit-ami de Kaylie. Il se dirigea vers la porte mais son prof ne lui permit pas de sortir. Tout de suite après ce dernier remarqua que l'une de ses élèves saignait. Il commanda à Bogdan de l'emmener à l'infirmerie. Ce-dernier, tout sourire, accepta sous le regard haineux de son cadet.
Kaylie et Bogdan quittèrent la salle. Ils furent toutefois rattrapés par Stefan, escorté de Keith. Le premier avait demandé l'autorisation de se rendre à l'infirmerie car il ne se sentait pas très bien. Le prof n'avait pas eu besoin de plus d'explication. Il l'avait déjà remarqué en arrivant. Le malaise du jeune homme se lisait encore sur son visage.
Lorsqu'ils furent à hauteur de Bogdan et Kaylie, Stefan remercia Keith avant de le congédier. Il avait besoin de pouvoir discuter en toute liberté avec eux.
-Je suis là. Je reste là. Répliqua Keith.
Bogdan les regarda tour à tour. Ce jeune Américain le gênait tout autant que son frère. Alors il relâcha l'étreinte qu'il avait formé autour de la taille de Kaylie de son bras droit pour la soutenir pour venir se placer devant Keith. Il plongea son regard hypnotique dans celui du jeune homme et lorsqu'il le sentit lui ouvrir son esprit, il lui ordonna de se rendre en cours.
Keith tourna les talons pour refaire le chemin en sens inverse.
Pendant le laps de temps dont avait eu besoin Bogdan pour convaincre ce dernier de repartir, Stefan s'était rapproché de Kaylie. Il arrivait à présent à se maîtriser même si toutes les particules de son corps lui criaient famine. La force des sentiments qu'il éprouvait pour elle, lui permettait de ne pas se jeter sur elle, même si l'envie était bien plus forte que tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'à présent.
-Pardon. S'excusa-t-il. Je...Je...
-Stefan ! Laisses tomber, d'accord ?
-Je ne voulais pas.
-Mais tu l'as fait.
-Je n'ai pas pu retenir mon coup. Je n'ai jamais voulu te blesser, je te jure.
-Ca, je le sais. Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu le détestes autant. Pourquoi as-tu si peur qu'il me fasse du mal ? Je peux lire dans tes yeux à quel point, tu as peur de lui.
-C'est compliqué.
-Si compliqué que tu ne peux pas m'en parler mais que tu peux me frapper.
-Vladislas. Souffla entre ses dents le jeune Roumain.
Ses paroles n'échappèrent toutefois pas à Kaylie. Elle leva les yeux au ciel se demandant un instant dans quel pétrin, elle s'était fourré. Elle aurait mieux fait de ressortir avec Keith. Les Roumains se montraient bien trop étrange à son goût.
-Vladislas ? Je croyais que ce n'était qu'une légende.
-Il n'y a de légende que le titre. S'immisça Bogdan dans la conversation.
-Pardon ? S'enquit Kaylie déroutée.
-Les Vladislas existent bel et bien. D'ailleurs ne t'ai-je pas dit le véritable nom de Stefan et le mien.
-Ta gueule, Bogdan !
-Elle est déjà au courant de nos liens de parenté.
Un rictus qui glaça le sang de Kaylie se dessina sur les lèvres du plus âgé.
-Pourquoi ? Pourquoi lui as-tu dit ?
-Je ne pensais pas que tu puisses être à ce point menteur. Tu lui dissimules tant de choses p'tit frère. Mais si tu veux un conseil, tu devrais te calmer. Elle saigne encore.
Il avait raison. S'il ne se calmait pas, la faim deviendrait encore plus violente et cette fois, il n'était pas certain de pouvoir se retenir.
Le silence s'abattit alors sur eux, pesant de tout son poids. Stefan tentait de retrouver son calme ce qui était loin d'être chose aisée avec son ainé si près de lui. Quant à Kaylie, elle se posait tant de questions qu'elle se sentait totalement perdue.
Bogdan était plutôt satisfait de lui. Il avait réussi à entrevoir dans l'esprit de la jeune fille, bien plus qu'il ne l'avait lu, qu'elle en voulait beaucoup à son cadet pour le coup qu'elle avait reçu. Un sourire s'afficha sur ses lèvres en réalisant qu'un froid s'était instauré dans ce couple. Désormais, il n'avait plus qu'à jouer les gentlemen pour atteindre le coeur de la jeune fille.
Son frère tenait tant à elle qu'il ferait alors n'importe quoi pour la récupérer, quitte à se métamorphoser.
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Tytia



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La malédiction des Vladislas [bit-lit] Empty
MessageSujet: Re: La malédiction des Vladislas [bit-lit]   La malédiction des Vladislas [bit-lit] EmptyVen 11 Juin - 21:20

Dès que la dernière sonnerie eut retenti, Kaylie se rendit au bar de son ami. Quelques clients dégustaient un café ou encore une boisson fraîche mais dès qu'il la vit entrer dans le bar, il fit le tour de son comptoir.
-Je ferme le bar pour une heure. Annonça-t-il.
Kaylie le regarda surprise. En deux ans qu'elle fréquentait ce bar, c'était la première fois qu'elle voyait le patron le fermer en beau milieu d'après-midi.
-Pourquoi tu fermes ? L'interrogea-t-elle lorsqu'il revint à son comptoir après avoir placé la pancarte annonçant que les lieux étaient clos pour quelques heures.
-Il faut qu'on parle.
-C'est pour ça que tu m'as appelé, non ?
-Oui...C'est pour ça. Et ce que j'ai à te dire...
-Est si important que tu dois fermer le bar. Finit-elle à sa place.
-Oui.
-Dans ce cas, je t'écoute.
-Attends moi deux secondes. Tu veux boire un truc en attendant ?
-La même chose que d'habitude.
Il lui prépara alors un café avant de se rendre dans l'arrière-boutique. Lorsqu'il revint, il tenait dans sa main quelques coupures de presse. Il les étala devant la jeune fille qu'il considérait comme sa soeur. Elle y jeta un rapide coup d'oeil sans vraiment prêté attention au texte. Son regard fut toutefois attiré par les images : des corps de jeunes femmes, d'hommes et d'enfant pour l'une d'entre elle sans vie.
-Qu'est-ce que tu en penses ? L'interrogea le barman.
-De quoi ?
Il balaya l'air au-dessus des coupures d'un vague signe de main tout en répondant :
-De tout ça.
-Ce sont des personnes qui ont été retrouvées mortes. Que veux-tu que j'en pense ? Ces fois-là ne sont pas les premières et elles ne seront pas les dernières.
-Au lieu de regarder simplement les photos, tu devrais lire ces deux là. Lui dit-il en poussant deux coupures vers elle.
Elle lui lança un regard exaspéré. Elle comprenait de moins en moins son attitude mais pour lui faire plaisir, elle lut les deux articles. Très vite ils captèrent son attention. Ces morts étaient dû à des attaques sauvages d'un ou plusieurs animaux, tout près de Wayne. Cependant, même pour elle, qui ne croyait pas vraiment aux vampires et autres créatures de la nuit, elle se doutait qu'un animal quel qu'il soit ne pouvait pas avoir drainer un homme ou une femme de son sang. Cela n'existait pas. Oui mais qui pouvait avoir commis un tel acte ? Un fanatique qui se prenait pour un vampire ? Cette idée lui traversa l'esprit et elle songea alors que cet homme ou femme devait être bien fou pour agir de la sorte.
Elle leva quelques secondes les yeux vers Manole qui attendait sa réaction avec patience. Mais avant de lui dire ce qu'elle en pensait, elle désira connaître le contenu des autres articles. Mais elle n'y parvint pas et, pour cause, ils étaient en roumain.
-Pourquoi ceux là ? S'enquit-elle en repoussant les articles vers Manole.
-Parce que ces morts ont la même origine. Sur celui-là, c'est mon fils et l'autre c'est ma femme. Je suis le seul en Roumanie à avoir osé en parler à la presser et à supplier les journalistes de publier ces articles. Je voulais que tous sachent de quoi sont capables les Vladislas.
-On en revient à cette famille.
-Oui, on en revient à cette famille.
-Ce n'est qu'une légende, Manole. Toute cette histoire de vampires, malédictions, ça n'existe pas.
-J'aimerais tellement que ce soit vrai mais...
Il secoua la tête, peiné.
-Ce n'est rien d'une légende. Cette famille est la plus cruelle qui puisse exister sur Terre. Ils se nourrissent du sang des hommes.
-Tu m'as fait venir pour me parler de ça.
Elle émit un léger rire jaune
-Stefan voulait que je t'en parle. De nouveau son rire résonna avant qu'elle ne lui demande :
-Quand as-tu parlé à Stefan ?
-Ce midi. Il est venu me trouver. J'ai voulu le mettre à la porte mais il m'a supplié de l'écouter.
Elle le crut.
-Je sais que tu as du mal à croire à tout ça mais on se connait depuis plusieurs années déjà, alors fais moi confiance.
Elle attrapa la coupure de presse sur laquelle était imprimé l'enfant. Elle le détailla ses traits quelques secondes. Il ressemblait beaucoup à Manole en plus jeune, elle devait l'admettre.
-Qui me dit que toute cette histoire n'est pas une pure invention parce que tu tiens rigueur à cette famille pour ce qui est arrivé à ton fils ? Peut-être ont-ils essayé de le sauver d'une attaque animale et quand tu as trouvé ton fils, ils étaient là au mauvais endroit au mauvais moment.
Il secoua la tête de dépit. Des larmes embrumaient son regard azur. Il leva les yeux au ciel tandis que ses lèvres se mouvèrent comme s'il priait pour que Kaylie ne soit pas si bornée.
-Oui c'est mon fils mais non je n'ai pas trouvé un membre de cette famille près de lui quand j'ai retrouvé son corps. Ils étaient seuls avec ma femme, étendus raides morts dans le salon de notre appartement. Tu ne peux pas...
-Alors comment peux-tu accuser quelqu'un sans en avoir la preuve ? Qui te dit que cette famille l'a fait ? Rien alors...
-Kaylie, arrêtes ! Pourquoi es-tu aussi bornée ? Pourquoi ne me crois-tu pas quand je te dis qui a fait ça. A ton avis pour quelles raisons, Stefan a-t-il tant tenu à ce que je te parle ? Pourquoi veut-il que tu t'éloignes autant de son frère ?
-Il aurait pu le faire lui-même.
-Tu crois ? Tu crois vraiment qu'il pouvait te dévoiler la vérité lui-même sur sa famille et ce qu'il est réellement ? Surtout après qu'il t'ait raconté que ce n'était qu'une légende. Comment aurais-tu réagi ? En plus je sais qu'il tient à toi même s'il est prêt à accepter le fait que tu t'éloignes de lui parce qu'il est un monstre.
Trop d'information tue l'information songea Kaylie dont les idées s'embrouillaient de plus en plus. Elle ne savait plus quoi penser ni quoi dire. Stefan ne lui avait pas dit qui était réellement Bogdan et que lui avait-il cacher d'autre. Et puis il avait adopté cette attitude bizarre depuis que son frère était arrivé. La colère grondait en lui en permanence.
Elle se leva alors et sans un mot, elle se dirigea vers la porte. Elle avait juste besoin de sortir, de marcher pour analyser tout ce flux d'information et y déceler la vérité sur toute cette affaire.
Manole la laissa quitter le bar sans la retenir. Il la connaissait assez pour savoir qu'elle finirait par prendre la décision la plus sage pour se protéger.
Kaylie se rendit dans le parc où Stefan lui avait raconté la soit disant légende. Elle s'assit sur le même banc où il lui avait déposé sa veste sur ses épaules.
Le visage enfui dans ses mains, elle réfléchit à tout ce qui s'était produit dans sa vie en moins d'une semaine. Peu à peu la lumière perça dans son esprit. Manole avait peut-être raison mais elle voulait en avoir le coeur net.
Elle se leva et retourna près du bar de Manole où elle monta dans sa voiture. Elle ne savait pas où habitait Stefan pourtant son intuition la conduit jusqu'à une grande demeure. Elle était sûre qu'il vivait là. Elle se gara dans l'immense cour qui aurait pu contenir une vingtaine de véhicules. En son milieu, une fontaine crachait de l'eau.
Des escaliers menaient jusqu'à la porte d'entrée. Elle y frappa quelques coups et attendit. Une femme d'une quarantaine d'années lui ouvrit. Elle était très belle avec ses immenses yeux chocolats et ses cheveux blonds qui descendaient en vague jusqu'au milieu de son dos. Son port lui donnait l'allure d'une grande aristocrate.
-Est-ce que Stefan Borden vit ici ? S'enquit Kaylie un peu mal à l'aise.
-Oui. Vous êtes une amie ?
-Oui.
-Entrez.
La femme s'écarta pour laisser la jeune fille entrer avant de refermer la porte derrière elle. Les yeux émerveillés par tout ce luxe qui ressortait de chaque objet disposait ici ou là, Kaylie suivit l'hôtesse jusqu'au salon.
-Je vais le prévenir que vous êtes ici. Quel est votre nom ?
-Kaylie.
-Bien Kaylie. Vous pouvez vous installer confortablement en attendant.
Kaylie la suivit des yeux tandis qu'elle se dirigeait vers un escalier en colimaçon. Puis lorsque son hôte eut disparu, elle partit s'asseoir sur le canapé quelques secondes avant de se relever. Elle se rendit ensuite vers l'immense baie vitrée qui offrait une magnifique vue sur le paysage.
Elle était perdue dans sa contemplation lorsqu'une voix la fit sursauter. Elle tourna la tête vers Stefan qui se tenait en bas des escaliers.
-Le paysage est magnifique. Lui déclara-t-elle avant de se tourner entièrement vers lui.
-Oui, en effet. J'aime beaucoup passer des heures à le regarder. Ca m'apaise. Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Je...Il faut qu'on parle.
Il n'avait pas besoin de plus pour comprendre sur quoi porterait leur conversation. Il s'était préparé à cette confrontation. Pourtant son coeur s'affola dans sa poitrine..
-Manole, t'as parlé, n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête, lui adressa un sourire timide avant de répondre :
-Oui.
Elle laissa passer quelques secondes durant lesquelles elle scruta sa réaction sur son visage. Il n'avait pas l'air très bien et pour cause il avait peur à présent qu'elle le quitte.
-Qui es-tu Stefan ?
Il comprit alors que même si Manole avait fait naître des doutes en elle, elle n'avait pas encore pris conscience de la vérité. Il se sentit alors très mal à l'aise. Il allait devoir répondre à toutes ces questions et lui dévoiler de la sorte qui il était réellement. Comment allait-elle réagir ? D'un côté, il espérait qu'elle fuirait en courant mais de l'autre son coeur en pleurait d'avance.
-Je m'appelle Stefan Borden.
-Je veux la vérité Stef'.
Il baissa les yeux, souffla un léger coup avant de lui faire face à nouveau.
-Je m'appelle Stefan Vladislas. Borden est le nom que mon oncle a obtenu en arrivant ici. Je suis né en Roumanie et aucun de mes parents n'est Américain.
-Pourquoi me l'avoir caché ?
-Parce que je ne voulais pas qu'on sache qui j'étais...
-Comme tu ne voulais pas que je sache que Bogdan était ton frère.
-J'aurais dû te le dire.
-Oui, tu aurais dû. Comme tu aurais dû me dire que la famille Vladislas existait réellement et que c'était la tienne.
-Pour que tu me prennes pour un monstre ? La questionna-t-il.
On pouvait voir dans son regard tous les sentiments contradictoires qui le traversaient à cet instant.
-Tu n'as rien de monstrueux Stefan.
-Tu te trompes. Je suis le pire de tous. Souviens-toi de ce que je t'ai dit en te racontant mon histoire sous forme de légende...
Alors qu'elle repensait à cette histoire, Kaylie se souvint d'un détail qui l'avait frappé à ce moment-là. Stefan avait souri lorsqu'elle lui avait décrit la manière dont elle imaginait le dernier-né. A présent, elle comprenait pourquoi. Il était le dernier de sa famille, celui par lequel le chaos sur Terre et il n'avait absolument rien de comparable avec la description qu'elle lui en avait fait.
-Tu n'es pas comme ça, Stefan.
-Tu as raison. Je ne le suis pas encore mais je vais le devenir.
-Non. Tu ne le deviendras pas.
-Comment peux-tu en être aussi sûre ?
-Je le sais, c'est tout. Tu ne le deviendras pas.
-Il me suffit de boire une seule goutte de sang pour le devenir...
-Mais tu ne le boiras pas.
Il baissa le regard sans répondre.
-N'est-ce pas ? Insista Kaylie.
Il releva la tête pour pouvoir plonger son regard dans celui de Kaylie.
-Si je ne t'avais pas laissé en plan ce midi, ce serait déjà fait. Tu ne peux pas savoir à quel point le parfum de ton sang m'attirait à cet instant. Je voulais en boire pour devenir plus fort que Bogdan et le faire taire. Et quand je t'ai blessé, tu ne peux pas savoir à quel point il m'a été difficile de ne pas me jeter sur toi.
Assommée par cette vérité douloureuse, Kaylie laissa passer un ange avant de répliquer :
-Mais tu ne l'as pas fait et tu ne le feras pas.
-Avec Bogdan si près, je ne peux jurer de rien.
-Je t'y aiderai. Je te le promets.
-Si tu veux m'aider, alors éloignes-toi de moi et de mon frère.
Elle eut du mal à réaliser ce qu'il venait de dire. Voulait-il déjà rompre avec elle alors qu'ils venaient tout juste de se mettre ensemble ? Non, impossible. Elle ne voulait même pas songer que cette éventualité puisse avoir traverser l'esprit de son petit-ami.
-Tu... Tu veux...Tu veux rompre ? Bredouilla-t-elle.
-Je veux que tu t'éloignes de moi, Kaylie.
-Alors c'est oui ! C'est ça tu veux rompre ! S'emporta-t-elle.
-Je veux seulement te protéger.
-De qui ? De Bogdan ? Tu ne crois pas que je suis assez grande pour le faire moi-même. Je ne suis pas une enfant et je n'ai pas besoin de qui que ce soit pour prendre ma défense.
Il s'approcha d'elle, posa ses mains sur ses épaules pour tenter de la calmer avant de rajouter :
-Il veut se servir de toi pour arriver à ses fins. Et je ne peux rien contre lui. Je... Je ne suis pas assez fort.
-Alors tu me demandes de te laisser tomber pour pouvoir l'empêcher de me faire du mal.
Elle se défit de son étreinte et se dirigea vers laporte d'entrée, furieuse et le coeur brisé.
-Attends Kay ! Lui ordonna-t-il alors qu'elle posait sa main sur la poignet.
Elle se tourna vers lui. Il lui adressa un regard triste qui lui déchira encore plus le coeur.
-Je ne veux pas que tu t'en ailles. Je ne veux pas... que tu t'éloignes de moi. J'ai juste...Juste peur de ne pas réussir à me contrôler. Je ne veux pas devenir ce monstre.
Elle s'approcha de lui puis se blottit contre son torse. Il enfuit alors sa tête dans son cou dont il huma le parfum.
-Aides-moi, je t'en prie. La supplia-t-il. Aides-moi.
-On y arrivera. Je te le promets. On y arrivera.
Ils restèrent de longues minutes enlacés dans les bras de l'autre jusqu'à ce que Kaylie décide de rentrer chez elle. Elle lui promit de lui téléphoner durant la soirée.
Il la raccompagna jusqu'à sa voiture dont il ouvrit la portière. Avant de pénétrer dans l'habitacle, elle déposa un léger baiser sur les lèvres de son petit-ami qui le réconforta. L'amour pourrait peut-être l'aider à vaincre son frère. Il l'espéra.
Puis il la regarda s'éloigner jusqu'à ce que la voiture disparaisse.
Kaylie conduisit lentement. Elle avait besoin de temps pour avaler tout ce qu'elle venait d'apprendre. Elle ne voulais pas inquiéter inutilement sa mère qui devait déjà se trouver chez elle.
Lorsqu'elle arriva, elle constata qu'une seconde voiture qu'elle n'avait jamais vu jusqu'alors se trouvait devant chez elle. Il s'agissait d'une Volvo de couleur bleu. Elle descendit de la sienne avant de se rendre chez elle tout en se demandant qui pouvait être cet invité mystère. Sa mère avait-elle un nouveau petit-ami ? De toute façon, elle l'aurait mérité.
Dès qu'elle eut refermé la porte d'entrée, elle se retrouva nez-à-nez avec sa mère.
-Quelqu'un t'attend dans le salon.
-Moi ? Questionna surprise Kaylie.
Sa mère hocha juste la tête.
Alors Kaylie traversa le couloir, nerveuse à l'idée de se retrouver face à un inconnue mais lorsqu'elle reconnut cette haute silhouette bâti comme un lutteur, son coeur bondit dans sa poitrine.
-Papa ? S'étonna-t-elle.
-Salut, Kaylie. Il faut qu'on parle.
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